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Bénin Check Info : des tombes qui attendent des morts de coronavirus au cimetière ?

Olivier Ribouis
publié le Jul 6, 2020

Avec une situation épidémiologique de plus en plus inquiétante, au Bénin, les autorités ont apprêté des tombes pouvant accueillir des morts de COVID-19 afin de limiter les risques de propagation dans des inhumations.

inhumation-deces-morts-covid-19-coronavirus-cimetiere-benin Inhumation d'une personne décédée de COVID-19 au Bénin

Ce n’est pas à Toviklin dans le Couffo comme ont voulu le faire croire certains sur les réseaux sociaux en raison des inscriptions sur l’une des ambulances utilisées pour transporter les dépouilles. Plusieurs sources contactées sur place ont indiqué que le cimetière où l’ambulance a été aperçu n’est pas Toviklin.

Les recherches de Banouto indiquent donc que des internautes ont bien pu se tromper sur le lieu. Ce n’est pas le cas sur les allégations à propos de tombes déjà apprêtées qui attendent des morts. Selon des informations obtenues  auprès de plusieurs sources, il y a des lieux réservés pour l’inhumations des corps des personnes décédées de COVID-19 au Bénin. A Abomey-Calavi, c’est au niveau du cimetière de Somè que se font les enterrements de corps. Nos sources confirment l’existence de tombes apprêtées pour d’éventuels décès de coronavirus.

Ce que certains considèrent comme un sacrilège, expliquent-nos sources, n’est qu’une disposition normale en temps de pandémie pour éviter de dangereuses manipulations de corps ne devant pas trop tarder avant inhumation.

Quid de l’inhumation ?

Intervenant dans l’émission spéciale « COVID-19 au Bénin : Où en sommes-nous ? » sur la télévision nationale, dimanche 05 juillet, le ministre de la santé a expliqué le processus d’inhumation mis en place.

« Lorsqu’en période d’épidémie vous avez des décès, des cadavres, on les traites différemment. Ces corps sont des sources potentielles de dissémination. C’est pour ça que la manipulation de ces corps est formellement interdite. C’est les agents de santé, exclusivement, qui s’occupent de l’inhumation », a clarifié le premier responsable de la lutte contre le coronavirus au Bénin.  De faite, a-t-il poursuivi,  « nous avons ce que nous appelons des sacs mortuaires qui sont fabriqués pour ça. Ils servent à envelopper les corps après un traitement avec des solutions adaptées. Les sacs sont traités par deux fois, doublés ».

La dignité des personnes décédées n’est point bafouée à en croire le ministre selon qui les rites religieux sont offerts aux disparus par leurs familles.

« Les familles peuvent effectuer les rites en fonction de leurs religions mais à distance. Sur chacun des sites, vous allez voir qu’il y a une cabine mortuaire avec une baie vitrée et les parents voient tout  ce qui se passe à l’intérieur pour s’assurer que le corps est inhumé avec tout le sérieux qu’il faut ».

benjamin-hounkpatin-ministre-benin Benjamin Hounkpatin

Pour ce qui est des agents préposés à l’inhumation, ils sont « habillés par les éléments de la croix rouge, de manière spéciale pour pouvoir le faire sans se contaminer ».

Les extrêmes précautions sont prises depuis le lieu de décès jusqu’au cimetière. « Nous n’utilisons pas de véhicule banalisé pour transporter les dépouilles. Nous utilisons des ambulances dédiées pour transporter les dépouilles. Chaque véhicule qui est utilisé pour transporter les dépouilles est traité après », rassure le ministre Hounkpatin.

 

Le gouvernement ne veut pas des morts

Bien que la situation épidémiologique affiche une multiplication des cas graves, les autorités béninoises indiquent qu’elles font tout pour éviter les décès. Plusieurs sites de traitement et de prises en charges sont installées dans le pays.

« Au niveau de ces sites, il y a tout le personnel qui est dédié  pour pouvoir assurer la prise en charge des cas graves. Aussi bien des infirmiers anesthésistes-réanimateurs, des médecins que des cardiologues sont là sur place. Au niveau de ces sites, il y a tout le dispositif, tout le matériel qu’il faut pour prendre en charge les cas graves », a-t-il fait savoir.  L’autorité insiste sur la « prise en charge optimum » et informe que « tout est mis en œuvre pour prendre en charge les pathologies qui font que les cas deviennent graves mais également les détresses respiratoires qui s’installent ».

En plus du dispositif, a-t-il ajouté,  « il y a des protocoles faits de médicaments afin de limiter au grand maximum le nombre de décès ».