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Coronavirus au Bénin : Lionel Zinsou réagit aux mesures que Talon préconise

Ozias Hounguè
publié le Apr 1, 2020

L’ancien premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou s’est prononcé sur la décision du président Patrice Talon de ne pas décider d’un confinement général dans le cadre de la pandémie du Coronavirus.

benin-coronavirus-lionel-zinsou Lionel Zinsou

La décision du gouvernement béninois de ne pas opter pour un confinement général fait réagir Lionel Zinsou.  Dimanche 29 mars 2020, le président Patrice Talon a déclaré à la télévision nationale que les conditions de vie au Bénin ne permettaient pas de décider d’un confinement général dans la lutte contre le COVID-19. Une déclaration très vite critiquée par la population et sur les réseaux sociaux. Dans un entretien accordé à la chaine française BFM Business, l’ancien premier ministre Lionel Zinsou a opiné sur cette décision du gouvernement du président Patrice Talon. « Je pense qu’il a dit cela parce qu’on a une société dont la façon de vivre ne rend pas très simple de confiner les populations. En termes de cohabitation, de participation à de nombreuses activités collectives, à de pratiques religieuses très intense, c’est très difficile d’arriver à mettre en œuvre des mesures de distanciation sociale. », a-t-il déclaré.

L’économiste Lionel Zinsou a expliqué qu’il est difficile de mettre en place un « confinement absolu » au Bénin comme c’est le cas actuellement dans les pays européens. « C’est donc un cordon sanitaire qui a été instaurée pour éviter la propagation (du coronavirus, ndlr)  dans les régions moins touchées. Les écoles sont fermées. Beaucoup d’entreprises fermées, les bars sont fermés. En revanche très difficile de fermer les grands marchés. Ce n’est pas la même chose que le confinement absolu. », a renseigné Lionel Zinsou. Dans le cadre de la lutte contre la pandémie du COVID-19, les autorités béninoises ont décidé d’un cordon sanitaire autour de 12 villes situées au sud du pays. Il s’agit des villes telles que :  Cotonou, Abomey-Calavi, Allada, Ouidah, Tori-Bossito, Zè, Sèmè-Podji, Porto-Novo, Akpro-Missérété et Adjarra, Sô-Ava et Aguégué.

Lionel Zinsou souligne qu’il y a « une raison beaucoup plus importante » derrière l’option du cordon sanitaire décidé par le Bénin notamment les moyens financiers. « C’est très important d’avoir la paye mensuelle qui va assurer l’ensemble des dépenses mensuelles du ménage. C’est beaucoup pour nos populations en Afrique Subsaharienne. C’est ce qu’on a gagné la veille qui permet de vivre le lendemain. Si vous arrêtez le petit commerce des artisans et que vous les confinez, vous avez très vite quelque chose qui transforme la crise sanitaire en une crise humanitaire », précise-t-il.

Il ajoute qu’en Afrique subsaharienne près de 80 à 90% de personnes relèvent du « secteur informel » qu’il s’agisse du petit commerce, des transports, des services aux personnes et aux entreprises. « C’est 50% du PIB et 91% de l’emploi au Bénin. Quand le président du Bénin dit qu’on a des conditions particulières, c’est vrai que c’est une condition particulière. », renseigne-t-il.