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Bénin/Portrait : Harmonie Byll Catarya, un mélange de verbes et de chiffres

Falilatou Titi
publié le Nov 19, 2019

Une des rares femmes à faire le slam au Bénin, Harmonie Byll Catarya, auditeur-comptable de formation et enseignante dans certaines universités de la place, n’envisageait pas faire une carrière dans le monde des arts de la scène. Portrait.

harmonie-byll-catarya Harmonie Dodé Byll Catarya sur scène

Elève studieuse, très tôt bachelière à 16 ans, Harmonie Byll Catarya, se voyait exercer un métier du Droit ou dans une blouse blanche dans un hôpital.  Mais ce rêve qu’elle a nourri à un moment de sa vie, Harmonie va l’abandonner finalement au profit de la comptabilité. Sortie major de sa promotion avec un master en poche, c’est plutôt dans le monde des arts de la scène, notamment dans le slam que la jeune femme se révélera.

« L’amour est une farce », c’est le texte qui a révélé pour la première fois la plume de l’auteure slameuse, Harmonie Dodé Byll Catarya. Alors qu’elle préparait son master en compatibilité, la jeune béninoise s’amusait à écrire des textes sur des faits de société et sur la famille. Au début, le slam, c’était un passe-temps. Mais très vite cette occupation à temps perdu se révèlera une véritable passion puis une carrière.

L’aventure de l’auteure slameuse commence en mars 2013. Une amie, raconte-t-elle, l’invite à une rencontre d’échanges entre des slameurs et des personnes qui aspirent à l’écriture, qui ont une fibre poétique, à Porto-Novo, la capitale du Bénin. C’est à cette rencontre avec le Collectif Slamwood de Sèmèvo l’enfant noir que la slameuse présente pour la première un de ses textes en public. « J’ai présenté le tout dernier texte que j’avais écrit à l’époque, ''L’amour est une farce''. A la fin, ceux qui étaient là on dit mais tu as une bonne plume, tu feras une bonne slameuse », se souvient-elle encore, toute souriante. A l’époque,  Harmonie ne connaissait que deux noms dans le slam : le Français Grand corps malade et  le Béninois K-mal Radji.

Après cette première très appréciée, Harmonie est invitée à la scène mensuelle des slameurs du Bénin à Cotonou. Là encore, celle qui fait ses premiers pas dans le slam a émerveillé plus d’un. « Sèmèvo l’enfant noir m’a dit : ''écoute, il y a le concours Bénin slam, ce serait bien que tu y participes », raconte-t-elle. Même si le concours était déjà à sa 6e édition, Harmonie n’en avait jamais entendu parlé. D’ailleurs, précise-t-elle, même si elle était passionnée de l’écriture et s’y consacrait depuis son adolescence, slamer devant toute une foule, n’était pas son « truc ». Mieux, à l’époque, pour elle, tout ça n’est que de la distraction.

Convaincue, Harmonie s’inscrit.  25 candidats dont 4 femmes étaient en compétition. A l’issue de la phase de présélection, 10 slameurs dont elle, la seule femme, sont retenus. Vient la date de la finale. Lors du tirage au sort pour les passages sur scène, elle tire le numéro 10. « Neuf garçons sont passés avant moi. Quand je suis venue, j’ai fait mon texte et en plein milieu de ma présentation, il y a eu coupure de courant. Le micro ne marchait plus. Il y avait un monde fou. Donc j’ai déposé mon micro et j’ai commencé à slamer dans la foule. Le public était emballé », se souvient-elle encore avec émotion dans la voix. Après cette prestation spéciale, elle est couronnée championne du Bénin slam 2013, par le jury.

Le déclic

Malgré cette distinction, la championne du Bénin slam 2013 dit ne pas avoir encore, en ce moment-là, la fibre de continuer dans le slam. « Je prenais ça toujours comme ma distraction favorite ». Il a fallu, raconte-t-elle, des commentaires déplacés à son égard, pour qu’elle décide d’en faire une carrière. « Quand j’ai pris le trophée, certaines personnes disaient que c’est parce que je suis femme qu’on me l’a donné », se souvient amère, la slameuse. Cette phrase-là va choquer Harmonie qui y voit un défi qu’elle devra relever. « Il fallait que je prouve en ce moment précis, que j’avais ma place dans le milieu du slam béninois et de prouver également que le génie n’a pas de sexe », a-t-elle décidé.

Dès lors, elle a commencé à se consacrer au slam. Comme une opportunité, Harmonie a saisi ce défi pour révéler son talent de slameuse. Passionnée de l’écriture depuis le collège, elle n’avait qu’à travailler sa diction et apprendre à se débarrasser du micro. Ce qu’elle réussit d’ailleurs à faire dans un temps record.

En 2014, Harmonie postule à un appel à candidature et est retenue pour représenter le Bénin au Festival international du slam et du mot au Mali. Après deux ans dans ce milieu, elle finit par se rendre compte que cet art était plus qu’une distraction. « J’ai compris que c’était un truc qui était là et que je n’ai pas pu révéler », admet-elle.

De la cachette à la scène

hramonie-catarya Harmonie Byll Catarya

Ainée d’une fratrie de quatre enfants, Harmonie qui s’avère aujourd’hui figure contemporaine du slam au Bénin, selon sa mère, était une fille discrète. « C’est une fille qui passe inaperçue. Elle est très effacée », apprend sa mère qui explique que « c’est à cause du slam que les gens l’ont connue ». « Le slam me permet d’abord de m’affirmer moi-même, me faire connaître à moi-même parce que par nature j’ai toujours été timide », renchérit Harmonie qui apprend que par le passé, quand elle devait parler devant les gens, des larmes s’échappaient de ses yeux.

Pendant plusieurs années, Harmonie est restée dans son coin, sans savoir qu’il y avait un talent qui sommeille en elle. Et quand elle l’a découvert, elle a voulu le mettre au service de la communauté. « Je ne fais pas du slam pour avoir de l’argent mais pour développer mon esprit. L’argent va et vient mais ça, ça reste », dit-elle. Pour Harmonie, le slam doit permettre de régler un tant soit peu les problèmes qui minent la société béninoise, voire celle africaine. « Je ne suis pas une slameuse engagée. Je suis une slameuse dégagée qui écrit des textes engageants », rectifie-t-elle. Dans ses textes, informe-t-elle, elle aime qu’on puisse voir le coté espoir, joie, humain, amour de la vie. « C’est pourquoi je ne m’appesantis pas sur le mal. Même si je dois parler d’un mal, j’essaie de réorienter ça pour qu’on puisse voir en même temps la résolution ».

Selon l’auteure slameuse, de plus en plus, des gens dénonce sans montrer la partie solution Pour elle, on ne peut pas tout le temps jeter les pierres sur les autres. Constatant que l’aspect humain, la famille, la solidarité ou encore la fraternité sont en train de s’étioler, elle dit avoir décidé de faire un slam de conscientisation. « Quand je slame, je voudrais qu’on sente que la valeur la plus grande c’est l’homme. L’humain est plus important que le reste », fait-elle constater. Dans son slam de conscientisation qu’elle veut d’abord personnel avant communautaire, Harmonie utilise le pronom personnel « Je », pour que tout le monde se sente concerné par ce qu’elle dit. « Si je parle par exemple de ma mère, je veux que tu sentes que je parle de la tienne aussi parce que les réalités sont les mêmes. »

Pas intéressée par la gloire

harmonie-byll-catarya Harmonie Byll Catarya lors d'une séance du LDP

En à peine 5 ans de carrière, Harmonie pense déjà à l’héritage qu’elle laissera au slam béninois. « Je serai-là pour un temps et il faudrait que je marque ce temps-là pour qu’on parle de moi quand je ne serai pas là ». Pour cela, celle qui déclare ne pas être intéressée par la gloire  a initié depuis 2018, « L’heure du débat politique » (LDP) pour aider perpétuer le slam. Un concept qui, explique-t-elle, rassemble des jeunes passionnés du slam autour des questions de développement et de la démocratie. LDP permet de concilier l’art oratoire, le slam, la démocratie et tout ça pour le développement du Bénin.

Des ateliers au coaching, en passant par l’écriture, la présence scénique et l’argumentation, LDP met en relief le trio Slam-Débat-Démocratie. Chaque trimestre, deux séances de LDP ouvertes gratuitement au public sont organisées, une à Cotonou et une à Porto-Novo. Pour Harmonie, c’est une manière de jouer son rôle de patriote. Avec 7 jeunes au départ, aujourd’hui LDP compte une trentaine de slameurs dont une dizaine de femmes. Harmonie dit bien vouloir prendre beaucoup plus de slameur mais est limitée par les moyens d’autant que c’est sur fonds propres que roule l’équipe. « C’est un an d’expérience mais c’est comme si on a déjà fait cinq ans », dit-elle avec fierté.

Même si les gens pensent que son « slam social » ne rapporte pas, elle fonce et n’entend pas abandonner ces jeunes plein de talents qui ont juste besoin d’être révélés. Ces jeunes slameurs de LDP, qu’elle présente comme des collaborateurs, ont participé à plusieurs concours et ramené des trophées. Comme une sorte de consolation, elle continue son travail avec désormais pour ambition de créer son « Harmonie slam Label ». Pour atteindre plus de monde, elle associe désormais la langue Fon au Français dans ses présentations.

Des couacs comme dans chaque domaine

Femme slameuse, dans une société conservatrice, où certains continuent de voir la femme comme l’être inférieur, n’est pas chose facile. Avec son talent et son travail acharné pour s’affirmer, Harmonie s’est faite une grande place dans le milieu du slam béninois. Mais comme dans les milieux socio-professionnels, il y a toujours un prix à payer. C’est lors d’une soirée animée par des slameurs béninois qu’Harmonie a connu sa plus grande déception. Celle qui va la marquer à jamais. Alors que chaque slameur a droit à deux passages, l’organisateur de l’évènement a souhaité qu’en plus de cela, Harmonie ouvre la soirée avec un de ces textes. Une chose, apprend-elle, qui n’était pas du goût de ses confrères. « Quelqu’un a dit : personne ici n’est star pour personne », se souvient-elle. D’autres, poursuit-elle, on dit que ce pas parce qu’elle est la seule femme qu’on doit lui faire cette faveur. « J’ai reçu un choc terrible. C’est la seule fois où j’ai haussé le ton dans le milieu du slam », apprend-t-elle sans regrets. Menacée puis intimidée, Harmonie sera empêchée de monter sur scène pour sa « troisième » prestation. Elle dit être rentrée sans broncher.

La deuxième grande déception, raconte l’auteure slameuse, c’était lorsqu’on a débauché une des membres du LDP. « J’ai trouvé ça méchant », apprend-elle indiquant avoir été marquée parce que c’était sa « chouchou ». Pire, déplore Harmonie, ces gens ont monté la tête à sa protégée au point où elle en vient à « trouver une rivalité » avec son mentor, qu’elle a été. « Cette partance-là m’a revigoré », se console-t-elle.

Femme de principe et travailleuse, Harmonie n’a pas peur pour son avenir, en dépit des méchancetés dans le milieu. « Mon père m’a toujours dit : quand tu fais et c’est bien, même si tu es dans un trou, on vient te chercher ».

« Au début, avec mon père, c’était pas la joie »

Lors de ses premiers pas dans le slam, Harmonie ne pouvait pas compter sur le soutien de son géniteur. « Au début avec mon père c’était pas la joie », confie-t-elle. En tant qu’aînée de sa famille, c’était « inconcevable » pour son père d’accepter qu’elle soit « artiste ». Joint au téléphone, la mère de la slameuse confirme la position de son époux au début de l’aventure de leur fille. « Quand elle a commencé, son père n’était pas d’accord. Il dit qu’il a dépensé des millions et elle veut devenir artiste. »

Pour la maman, c’est un grand plaisir de savoir que sa fille est une slameuse. « Elle m’a montré que la femme aussi peut faire ce que les hommes peuvent faire. Elle n’a pas négligé ses études à cause du slam. Depuis le primaire, elle est première de sa classe. Aujourd’hui, son père aussi est fière d’elle », apprend madame Byll Catarya. « Ma mère me comprenait beaucoup. Elle était la première à me soutenir », se rappelle Harmonie. Après une invitation pour participer au Printemps des poètes en France, le père de la slameuse a compris que ce que sa fille faisait était sérieux. 

« Je n’avais postulé à rien du tout. On m’offrait deux mois de résidence à la cité internationale des arts et des rencontres avec des grands slameurs. Il m’a soutenu et quand je suis revenue, j’ai vu que mon père a complètement changé », partage-t-elle avec joie. Aujourd’hui, apprend-elle, son père la soutient plus que sa mère. Parfois, poursuit-elle, il lui fait des propositions de thématiques. « Harmonie et si tu écrivais sur ceci et si tu écrivais sur cela. Je surprends ma sœur en train de lui dire mais papa tu as refusé ce truc dans ce pays. Aujourd’hui ils me soutiennent à fond », s’en réjouit-elle.

En famille, ses frères et sœurs, selon sa mère, suivent son exemple, notamment sur le plan du travail. Des échanges en disent d’ailleurs long. De Beldrich, son frère ou sa sœur Océane, c’est la fierté haut débit quand il s’agit de parler de l’auteure slameuse. « Elle est battante, forte », commente Océane Byll Catarya qui trouve sa sœur audacieuse « de se jeter dans une aventure pareille de surcroît ici au Bénin où certains actes posés par des femmes sont plutôt mal vu. Une femme qui fait du slam je trouve ça plutôt époustouflant ».

« Au début ça m'a vraiment semblé bizarre mais j'ai finalement compris que c'était possible en plus elle s'y retrouve bien », fait savoir son jeune frère. Selon Beldrich, la slameuse tient beaucoup au travail bien fait et le respect des normes et valeurs en société. « Harmonie est vraiment rigoureuse et à de ses principes qu'il ne faut pas enfreindre s'y l'on veut s'entendre avec elle », ajoute-t-il.

« Tout le temps en joie »

harmonie-byll-catarya Harmonie Byll Catarya dans au Jardin des plantes et de la Nature (JPN) à Porto-Novo

Les témoignages auprès de ses collaborateurs sont identiques. Junior Vinou, étudiant en Philosophie, slameur débatteur et président du bureau du club des débatteurs de LDP ne manque pas de mots. « C'est une personne bien, c'est une humaine qui a beaucoup d'humanisme en elle et elle est assez simple et sociale », témoigne le jeune slameur qui travaille avec Harmonie depuis trois ans. Il dit ne pas travailler avec une supérieure, mais plutôt avec une grande sœur. Au LDP, apprend Junior, il y a le vivre ensemble, l'amour et « énormément » de joie dans tout. « Il n'y a peut-être pas d'argent dans ce que nous faisons mais il y a des milliards de bonheur que nous partageons ensemble », dit-il, fier.

Pour Junior, Harmonie fait preuve d’un grand sens de leadership. « Elle n'est pas du genre à crier ou hurler pour qu'on sache qu'elle est présente, mais juste avec ses orientations, ses manières de faire, il y a de la rigueur ». Ses piques de colère, apprend-il, sont brèves.  « Quand un comportement ne lui plait pas, elle l'exprime clairement, et juste après c'est oublié », souligne Junior qui n’arrive toujours pas à savoir quand est-ce que sa « dada (grande sœur Ndlr)» est vraiment fâchée.

Collaboratrice d’Harmonie depuis février 2018,  Léa Ovidio trouve la slameuse aimable et humble. Elle pense qu’Harmonie est un leader qui fait preuve de beaucoup d’humilité. Toutefois, la jeune slameuse n’aime pas le silence de son ainée. « Elle est tout le temps en joie. Du coup quand elle est silencieuse, ça m'attriste », justifie Léa.

Larissa Houessou est au LDP avec la slameuse depuis 3 ans. Pour elle, Harmonie est unique, travailleuse assure dans tout ce qu'elle entreprend et ne se laisse pas non plus décourager. « Le LDP m'a permis de connaître une belle facette des mots, d'apprécier à travers des débats poétiques le plaisir de slamer et surtout j'ai rencontré une famille », partage-t-elle. Naturelle, simple, gentille et très courtoise avec une facilité de contact, c’est ainsi que Larissa définit son ainée slameuse qui d’ailleurs est son enseignant dans son université.

Auditeur-comptable

harmonie-byll-catarya Harmonie Byll Catarya hors scène

Studieuse, Harmonie Dodé Byll Catarya a eu, selon ses proches et ses parents, un cursus plus que normal, spécial. Elle passe son Certificat d’étude primaire (CEP) alors qu’elle était en Cours moyen 1 (CM1). Arrivée au collège, elle maintient ce cap et reste major de sa classe. Après son Brevet d’étude de fin du premier cycle (BEPC), elle a souhaité faire une série littéraire. Mais son père s’oppose à son choix. Elle fait au finish, la série D. En classe de première, elle présente sa candidature au baccalauréat. Mais elle ne composera pas, pour raison de santé.

L’année suivante, elle continue son cursus et obtient son BAC à 16 ans. Le premier diplôme universitaire, Harmonie envisageait embrasser une carrière de juriste ou de médecin. Mais pour plusieurs raisons, elle finira par s’inscrire en comptabilité. Après cinq années à l’université, elle obtient son master, major de sa promotion. Avec ce diplôme en poche, Harmonie a plusieurs offres qu’elle décline pour partager sa connaissance dans certaines universités de la place. Ainsi, elle donne des cours en méthodologie de la recherche, analyse financière, en fiscalité. « Les cinq ans que j’ai fait à l’université m’ont permis d’avoir la connaissance, mais pour pouvoir mieux le partager, c’est le slam qui m’a aidé », raconte-t-elle. Après son premier essai en sciences de gestion, elle publie en 2016 « Arts-Mots-Nid, coup d’éclats », un recueil de slam. Malgré son aventure dans l’univers du slam, Harmonie continue de donner des cours à l’université. « On me connait beaucoup plus slameuse que comptable. De tout mon cursus j’ai été major de promotion donc les gens ne m’imaginaient pas faire autre chose que la comptabilité », dit-elle en rigolant.

Avec le slam, elle semble avoir une touche particulière en tant qu’enseignante. « Madame, votre façon de faire cours est complètement différente des autres enseignants », témoigne-t-elle. Larissa Houssou qui a été son étudiante, dira d’elle qu’elle est une bonne enseignante. Elle fait bien son cours, elle explique bien en permettant à tout le monde d'être au même niveau d'information. En dehors de l’enseignement, Harmonie dit être associé à certaines activités d’audit.

Pour Harmonie, même si la comptabilité est statique (ce qu’elle n’aime pas), elle a tout comme le slam, 9 principes qui « paradoxalement » se rejoignent. L’auteure slameuse consomme son cocktail slam-comptabilité sans s’amuser un tout petit peu, comme le lui reprochent ses frères, qui la trouvent parfois « trop coincée ».