SECURITE HUMAINE 1 Commentaire

Bénin-domaine public : «Yayi pris comme n’importe quel citoyen de Parakou», selon le maire Toko

Olivier Ribouis
publié le Mar 31, 2019

En réaction à la décision de la Cour constitutionnelle condamnant Boni Yayi pour acquisition illégale de réserve administrative à Parakou, le maire Charles Toko explique qu’il a entrepris la démarche contre l’ex-chef d’Etat comme il en ferait pour tout citoyen.

charles-toko Charles Toko, maire de Parakou

Charles Toko dans la logique de l’égalité des citoyens devant la loi. Le maire de Parakou est revenu sur la « Décision DCC 19-107 du 28 Mars 2019 » condamnant Boni Yayi dans une affaire d’acquisition de domaine public.  Auteur de la requête portée devant la Cour constitutionnelle, le maire Toko n’a pas pris l’avis de son conseil communal avant d’enclencher son initiative pour une raison qu’il a évoquée. Pour Charles Toko, le principe de l’égalité des Béninois devant la loi a prévalu sur le statut d’ancien Président de la République de Boni Yayi. « Le procès contre Yayi Boni, ce n’est pas des rumeurs, c’est bien fondé. Je n’ai pas jugé utile de prendre l’avis du conseil d’abord parce qu’il est pris comme n’importe quel citoyen de Parakou qui a acquis des parcelles », s’est expliqué Charles Toko rapporté par le site 24haubenin.

La cession intervenue par acte en date du 27 juillet 2009, en contrepartie du paiement de la somme de F Cfa vingt millions (20 000 000)  versée par l’ancien Président ne s’est pas faite dans les règles de l’art, a constaté le maire avant d’entreprendre la démarche de récupération de la parcelle sise au lot 1686A du lotissement de Amawignon, zone 10, faisant partie de la réserve administrative de sa commune.

Boni Yayi aurait lui-même reconnu l’irrégularité de l’acte et procédé à la renonciation au titre de propriété sur le domaine en question, a indiqué Charles Toko citant une lettre de Me Sadikou Alao, avocat conseil de l’ancien Président.  « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance à ma qualité de conseil de Monsieur Boni Yayi que ce sont les autorités municipales d’alors elles-mêmes qui avaient proposé à mon client la cession dudit domaine. Mon client vient de constater qu’avant ladite cession vos prédécesseurs n’auraient pas pris les dispositions légales qui impliquent une telle cession. Dans ces conditions, je vous prie de noter que mon client renonce à ladite cession et se tient à votre disposition pour tout le formalisme que requerra cette renonciation », a lu le maire.