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Bénin : démission de la ministre de l’Enseignement supérieur Marie-Odile Attanasso réclamée

Yao Hervé Kingbêwé
publié le Mar 25, 2019

Dans une déclaration en date du 21 mars, l’Intersyndicale des universités nationale du Bénin réclame la démission de la ministre de l’Enseignement supérieur, Marie-Odile Attanasso.

marie-odile-attanasso Marie-Odile Attanasso, ministre de l'Enseignement supérieur appelée à la démission

Les enseignants du supérieur ne veulent plus Marie-Odile Attanasso comme leur ministre de tutelle. Dans une déclaration en date du 21 mars, les enseignants des universités nationales du Bénin réunis au sein de leur intersyndicale ont réclamé la tête de la ministre de l’Enseignement supérieur. « Dans le souci de faciliter une sortie rapide de crise, les enseignants du supérieur exigent la démission de madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso », lit-on dans la déclaration de l’intersyndicale. L’intersyndicale réclame également un message d’excuses à tous les enseignants à qui la ministre avait adressé une demande d’explication.

La déclaration de l’intersyndicale fait suite à l’interdiction de son sit-in du 21 mars dernier au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Les enseignants projetaient ce sit-in pour protester une nouvelle fois contre la décision du gouvernement suspendant l’élection des responsables de facultés et des directeurs d’écoles et instituts des universités nationales du Bénin. En septembre 2018, le gouvernement a décidé de la suspension de l’élection des dirigeants des universités publiques. Les enseignants se sont aussitôt opposés à la décision, estimant qu’elle constitue un recul. Le 31 janvier, ils ont organisé un sit-in au ministère de l’Enseignement et avait donné un moratoire d’un mois à l’autorité ministérielle pour rapporter la décision.

Selon les enseignants, « au lieu de prendre des mesures pour mettre un terme à la crise, la ministre multiplie des actes graves qui n’expriment rien d’autre que sa volonté de détruire l’enseignement supérieur public ». « En effet, alors que l’intersyndicale s’attendait à un signe d’apaisement de sa part après le sit-in du 31 janvier 2019 et l’ouverture du dialogue, madame la ministre a préféré des actes agressifs et la persécution des enseignants du supérieur, à travers des travaux de recensement des manifestants au sit-in du 31 janvier 2019 et des demandes d’explications adressées à une prétendue liste d’enseignants qui sont appelés à justifier leur participation à cette manifestation.

Pour l’intersyndicale, « si la participation à un sit-in par un enseignant du supérieur vaut demande d’explication, il devient aisé de déduire le but ultime de la suspension des élections dans les UNB (Universités nationales du Bénin Ndlr) : madame la ministre et le gouvernement sont en train de mettre en œuvre leur plan de liquidation des libertés publiques », a écrit l’intersyndicale. Elle rappelle qu’en 2013-2014, lorsque des actes graves de persécution ont été exercés sur les principaux acteurs du régime actuel, les enseignants du supérieur, sur la base de leurs obligations statutaires qui leur imposent la défense des libertés, ont manifesté leur totale désapprobation à travers des déclarations, des communiqués, des motions de grève et d’autres actions.