SECURITE HUMAINE 0 Commentaire

Bénin-emploi : la CSTB en désaccord avec Talon sur la loi sur l’embauche

Olivier Ribouis
publié le Nov 10, 2018

En réaction à la déclaration du Président Patrice Talon qui a venté le mérite de la « loi 2017-05 du 29 août 2017 fixant les conditions de la procédure d’embauche, placement de main d’œuvre et de résiliation du contrat », à Berlin cette semaine, la CSTB a dénoncé des vices contenus dans ce texte.

kassa-mampo Kassa Mampo,Secrétaire général de la CSTB

La déclaration du Président Patrice Talon à Berlin le lundi 29 octobre sur les conditions d’embauche n’a pas du tout plu à la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB).  Dans une déclaration de presse vendredi 09 novembre, Kassa Mampo, le secrétaire général de la CSTB a exprimé sa désapprobation.

« Comment peut-on se passer de la grève dans des pays où généralement, l’employeur est glouton et oppresseur ? » s’est d’abord interrogé le syndicaliste avant de se lancer sur la loi sur l’embauche.
« Quant à la loi sur l’embauche qui met fin au contrat à durée indéterminée, fait-il savoir,  cette loi obéit au principe de la flexibilité de l’emploi ». Mais, a-t-il commenté, « La flexibilité de l’emploi à des effets néfastes sur le travailleur ». Au nombre des effets indésirables Kassa Mampo signale une « facile remise en cause du droit du travail ». Aussi, selon lui, « les entreprises peuvent utiliser les contrats à durée indéterminée et les intérims, non pas pour adapter la quantité de main d’œuvre mais pour réduire les protections accordés aux travailleurs ».  A cela ajoute-il  « un effet néfaste sur la productivité du travail. Le salarié peut être moins impliqué. Il a moins de temps de développer ses capacités ».  

Pour le secrétaire général de la CSTB, cette loi occasionnera la détérioration du travail. « La précarisation du travail peut entraîner une instabilité de la demande, donc de tout le système économique (et social) », voit-il. Pour Kassa Mampo,  « dans un pays où l’inspection du travail est défaillante par pénurie de personnel et de moyens, c’est une porte ouverte à la clochardisation des travailleurs ».

Ce n’est pourtant pas de cette façon que le Président Patrice Talon voit la chose.  « Ces mesures difficiles sur le plan social sont indispensables pour l’investissement privé » a déclaré le Chef de l’Etat,  « convaincu, que la disponibilité d’une main d’œuvre locale bien formée et à un coût compétitif est un élément important de compétitivité ».