SECURITE HUMAINE 0 Commentaire

Pluies à Cotonou : commerçants et artisans tourmentés

Joanna Kpo-n-mey (Stag)
publié le Sep 24, 2020

Depuis deux mois environ, la pluie ne se fait plus prier. Tant réclamée en temps de canicule, elle est devenue une inquiétude pour commerçants et artisans à Cotonou. Elle suspend  les activités des commerçants qui ne cessent de se plaindre.

Une boutique enclavée par un flac d'eau

Ils vendaient et travaillaient assez il y a quelques mois mais depuis la période des pluies, c’est la paralysie de leurs sources de revenus. Les commençants et autres artisans se lamentent d’une baisse des recettes. Justine Akodo, propriétaire d’une boutique de vente de produits alimentaires à Akassato déplore : « Quand il pleut, j’ouvre rarement ma boutique parce que les clients n’affluent pas ». Elle ajoute qu’au-delà  de l’affluence, ses sacs de riz sont exposés à l’eau, ce qui affecte leur qualité.  Non loin, l’on aperçoit  un sieur de la quarantaine anxieux. Autour de lui, des chaises et tables vides, des casiers de bouteilles quasi remplis et un réfrigérateur ouvert avec un cocktail de boissons alignées. Propriétaire du lieu en plein air, il confie qu’en raison de la pluie qui inonde son espace, les consommateurs ne viennent plus. Ce qui entraine une baisse de ses bénéfices. D’un métier à un autre, les avis sont pareils. Dans le quartier Gbégamey, non loin du marché, se retrouve un chef soudeur Pascal Dognon, dans un atelier noirci par l’huile des moteurs et dominé par un bruit assourdissant.  Des verres fumés à la tête, vêtue d’une combinaison sale assortie par des bottes, l’homme pense  que « Quand il y a pluie, les activités tournent au ralenti.  Quand  elle cesse, nous attendons que l’eau tarisse avant de renouer avec nos occupations parce que nous utilisons l’électricité. » explique-t-il. Au cours de la période de pluies, impossible de marcher et de voir les lieux les plus fréquentés bondés de monde. Dans un espace de lavage auto-moto, Souleymane un apprenti laveur confie : « La pluie mouille déjà les véhicules et les motos. Pour les clients, il ne sert à rien de venir chez nous si aussitôt à leur départ celles-ci se salissent par les flaques d’eau ».  Si la pluie est la cause de mévente chez les uns, elle n’influence pas les activités de commerçants aux produits indispensables. C’est  le cas de Victoire, une revendeuse de charbon. Pour elle, qu’il pleuve ou non, ses revenus demeurent les mêmes. Elles peuvent, soit monter, soit descendre. Près de ses tas de charbon éparpillés au sol sans doute pour le séchage, elle affirme que les acheteurs sont obligés d’acheter du charbon pour cuisiner.