Parrainage à la présidentielle 2021 : les possibilités selon le porte-parole du gouvernement béninois

Olivier Ribouis
publié le Jun 5, 2020

Face à la presse ce vendredi 5 juin 2020, le ministre Alain Orounla, porte-parole du gouvernement a apporté un éclairage sur l’inquiétude d’un risque de candidature unique du Président Patrice Talon avec la disposition du parrainage contenue dans le code électoral.

alain-orounla-parrainage-presidentielle-benin Alain Orounla, Porte-parole du gouvernement

Patrice Talon candidat unique à la présidentielle de 2021 ? La question taraude les esprits depuis la publication des résultats des communales 2020 qui donnent une majorité écrasante aux deux blocs qui le soutiennent. Seul parti d’opposition à avoir tiré son épingle du jeu, la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) n’a la possibilité que de contrôler au plus 7 mairies sur les 77 que compte le pays.

Avec 83 députés déjà acquis à sa cause et la très grande majorité des maires pour ses partenaires politiques, le Président Patrice Talon pourrait en effet se retrouver seul candidat. Le code électoral en vigueur exige des prochains candidats à la présidentielle l’obtention d’au moins 16 parrainages de députés et ou maires pour la validation de leurs candidatures.

Interrogé à ce propos ce vendredi 5 juin 2020 dans une rencontre avec la presse, le porte-parole du gouvernement Alain Orounla a apporté des éléments de réponse. « Si le Président de la république voulait se présenter il a juste besoin de 16 parrains. Il n’a pas besoin de 83 députés ni des 77 maires.  Il aurait juste besoin des 16 élus. Donc il y a suffisamment de la place pour d’autres candidats qui pourraient bénéficier du parrainage », a déclaré Orounla.

Modifier encore le code électoral ?

Sur l’épineuse question du parrainage des candidatures à la magistrature suprême certains observateurs voudraient que le code électoral béninois soit retouché pour alléger la tâche aux potentiels candidats et favoriser une pluralité de choix aux électeurs. « Rien n’est perpétuel si ce n’est le changement.  Je ne suis pas en train d’annoncer une prochaine réforme mais nous ne pouvons pas l’exclure », a répondu le porte-parole du gouvernement. Selon le ministre les maires et députés habiletés à parrainer n’ont pas les mains liées.  « Il n’y a pas de mandat impératif et non plus de consigne à donner aux élus qui sont autorisés d’aller vers tel parrainage ou tel autre parrainage.  Il n’est pas exclu que nous n’ayons pas besoin de recourir à une modification pour que tout le monde soit satisfait », a-t-il dit.

A l’en croire, ce qui se fera en temps opportun dépendra du besoin exprimé des partis politiques. « Si ces demandes se font insistantes, le Président de la République a déjà montré son ouverture et a précisé à l’occasion de la dernière rencontre avec les responsables politiques des neuf partis invités que rien n’est à exclure. Si après l’installation des maires et que dans un mois, dans deux mois, la question devrait se poser avec acuité, une réponse appropriée serait donnée », annonce-t-il. Pour l’heure Alain Orounla trouve que « ces inquiétudes sont fondées sur des spéculations qui voudraient que le Président de la république s’assure à lui tout seul de tous les parrainages ».