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Bénin : «le risque d’un retour au parti unique est vraiment présent»

Falilatou Titi
publié le May 30, 2020

Dans une émission sur BBC Afrique, Théophile Yarou, 1er secrétaire adjoint de la Force Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) a évoqué des craintes d’un retour du Bénin vers le parti unique.

theophile-yarou Théophile Yarou, opposant béninois

Le Bénin vire-t-il vers l’instauration du parti unique? Ce n’est peut-être pas encore le cas mais Théophile Yarou y voit des prémices dans la gouvernance politique du pays par le pouvoir du président Patrice Talon.

Dans une émission sur BBC Afrique, le 1er secrétaire adjoint de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) a critiqué la restriction qui pèse depuis 2018 sur la création des partis politiques au Bénin.

« Au niveau de la gouvernance, les partis de l’opposition ont l’impression que le système actuel fait tout pour museler les partis de l’opposition et régner seul sur l’échiquier national », a déclaré l’opposant. Mieux, Théophile Yarou a soulevé des inquiétudes sur les menaces qui planent selon lui sur la démocratie béninoise.

« Ce que nous craignons tous, c’est que la majorité des Béninois fassent allégeance au régime et on va retomber dans la situation d’avant 1990, le parti unique. Le risque est vraiment présent », a confié l’ex-collaborateur de Boni Yayi.

Pour ce responsable du parti FCBE, la « résignation » a gagné les Béninois parce qu’aucune alternative ne s’offre à eux. « Les gens commencent par voter pour ces partis politiques (allusion aux formations de la mouvance présidentielle, Ndlr) parce qu’il n’y a pas une autre solution en place », a regretté Théophile Yarou.

Selon les dires de l’opposant, la démocratie béninoise est en train d’être dévoyée par le régime en place. « Je conçois la démocratie comme l’expression de la liberté individuelle et collective. La liberté de s’associer, la liberté de mener une lutte politique selon sa conviction. Et donc, pour moi, qu’on limite la création des partis politiques, c’est contraire à la démocratie », a déploré l’opposant.

Pour l’ancien ministre de la défense de Boni Yayi, la réforme du système partisan a été une « réponse inappropriée » à la pléthore de partis politiques engendrée par le multipartisme intégral, instauré en 1990. « La réponse du président Talon est inappropriée par rapport au problème qui a été diagnostiqué », a insisté Théophile Yarou.

Par défaut de conformité à la charte des partis politiques, plusieurs formations n’ont pas pu participer aux législatives controversées du 28 avril 2019.

Seuls deux partis de la majorité présidentielle : Union progressiste (UP) et Bloc républicain (BR) étaient au rendez-vous. Lesquelles élections ont été qualifiées d’exclusives par les acteurs politiques de l’opposition et la société.