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Communales 2020 au Bénin: le PRD de Adrien Houngbédji comme au poker

Yao Hervé Kingbêwé
publié le May 12, 2020

Exclu des dernières législatives, le Parti du renouveau démocratique (PRD) prend part aux communales du 17 mai. Pour le parti dirigé par Adrien Houngbédji, cette compétition électorale est semblable à une partie de poker. 

adrien-houngbedji Adrien Houngbédji

Le 17 mai prochain, les électeurs béninois se rendront dans les urnes pour désigner les prochains membres des conseils communaux et municipaux. Le Parti du renouveau démocratique pourrait jouer gros lors de ce scrutin. Un des principaux soutiens du président Patrice Talon au lendemain de la présidentielle 2016, le parti de Adrien Houngbédji est poussé à la porte de la mouvance présidentielle.

Lors de la 13ème université de vacances de son parti en septembre 2019, Adrien Houngbédji, avait évoqué le souhait de « bonne foi » de nombreux militants de la formation politique de basculer dans l’opposition. Ceci, apprend l’ex-chef du parlement, après le constat de « l’espèce de dédain » dans lequel le parti arc-en-ciel est tenu, malgré son « soutien franc, risqué et loyal » au gouvernement pendant toute la 7ème législature. Adrien Houngbédji avait répondu à ses militants que sortir de la mouvance et passer dans l’opposition était un piège dans lequel il ne fallait pas tomber.

Le partenariat ne tient qu’à un fil 

Né au lendemain de l’historique conférence des forces vives de la nation de février 1990, le PRD se targue d’être « le plus représentatif ». Ceci, au regard du nombre cumulé de ses élus, députés, maires, conseillers avant les législatives 2019. Dans le cadre de la réforme du système partisan engagée par le gouvernement béninois, le parti devrait disparaître pour fonder avec d’autres formations politiques, le Bloc républicain. Mais ce vœu du chef de l’Etat Patrice Talon n’a pu être réalisé. Le PRD, suite à des mésententes avec les autres partis, avait décidé de faire cavalier seul et de fonder son bloc.

Selon les sources de Banouto, cette décision avait provoqué un « déchirement » chez le président Talon. Le partenariat politique entre le chef de l’Etat et le PRD avait été cependant maintenu. De nombreux observateurs de la vie politique béninoise pensent que cela avait été fait par intérêt. A la tête du parlement à l’époque, Adrien Houngbédji, pouvait faire échouer des réformes politiques et institutionnelles de Patrice Talon. 

Pour avoir son mot à dire

Exclu de la dernière députation où seuls deux partis avaient été admis, le parti a perdu la dizaine de sièges qu’il occupait au parlement. Désormais hors du parlement, le PRD qui a également été éjecté du gouvernement a très peu à faire valoir dans sa collaboration avec le pouvoir.

Pour continuer à avoir son mot à dire au sein de la mouvance, Adrien Houngbédji et les Tchoco-tchoco devront faire un grand coup : rafler plusieurs mairies. Les maires, conformément aux dispositions du code électoral, sont avec les députés seuls habiletés à parrainer les candidatures lors de la présidentielle. Dans la configuration actuelle où seuls le Bloc républicain et l'Union progressiste occupent les sièges du parlement, les communales revêtent un enjeu capital pour les trois autres formations politiques en lice dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

Le PRD, en cas échec lors de ces communales, même s’il était maintenu dans la mouvance présidentielle, ne devrait plus pouvoir avoir mot à piper.