FCBE sans Boni Yayi: «ça va peser énormément sur le parti »

Donald Kévin Gayet (Stag)
publié le Apr 8, 2020

L’ex-ministre de la défense et membre du bureau exécutif de la Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) Théophile Yarou a réagi après la démission annoncée du président d’honneur. Selon lui, le départ de Boni Yayi du parti lui crée un manque à gagner.  

theophile yarou Théophile Yarou, 1er secrétaire exécutif national adjoint de la FCBE

La Force Cauris pour un Bénin Emergent sans l’ex-président Boni Yayi. Il serait trop tôt de mesurer les conséquences de cette décision de l’ancien chef d’Etat, désormais ancien membre de la FCBE.

Mais Théophile Yarou, ancien ministre d’Etat chargé de la défense pense que cette démission ne manquera pas d’avoir des conséquences sur le parti ; notamment concernant ses projections pour les élections communales et municipales 2020.

«Nous sommes partis avec un objectif, mais avec son départ il est clair que nous serons obligés de revoir peut-être légèrement à la baisse cet objectif », a indiqué Théophile Yarou dans une interview à Banouto. « N’importe quel leader qui quitte ce parti sera un manque à gagner, à plus forte raison l’ancien président de la République», a regretté le premier secrétaire exécutif national adjoint de la FCBE.

 « Je l’ai toujours dit, le président Boni Yayi est un poids lourd au sein du Parti », a-t-il souligné, tout en justifiant qu’on ne s’aurait minimisé l’aura d’une personnalité qui a dirigé le Bénin pendant 10 ans.

 « C’est nous qui avions créé le parti qu’on appelle FCBE aujourd’hui. Ce parti a été créé sur un fond, celui de la personnalité du président Boni Yayi. Et si cette personnalité manque aujourd’hui, ça va peser énormément sur le parti », a insisté Théophile Yarou. Toutefois, l’ex-ministre estime que « la vie d’un pays ne se limite pas aux individus ».

 Selon Théophile Yarou « la jeune génération qui nous (les acteurs politiques, ndlr) observe, doit prendre la mesure de la gravité de la situation et prendre également son destin en mains. »

Son souhait est que Boni Yayi, président d’honneur de la FCBE qui a annoncé son départ du parti dimanche 05 avril 2020, revienne à de « meilleurs sentiments pour reconsidérer sa déclaration » afin de permettre au parti de « gagner ces élections (communales mai 2020)».

« A quelque chose malheur est bon »

L’ancien ministre a estimé que la démission du président Boni Yayi ne sera pas totalement un échec. Selon lui, c’est une occasion pour le parti de développer d’autres stratégies pour la campagne électorale.

« Je pense même qu’à quelque chose malheur est bon, parce que faire la campagne sur le nom d’une personne et laisser le projet de société n’est pas de la démocratie », a-t-il commenté. Pour lui, « un parti doit défendre des valeurs, des principes, son projet de société et non des personnes ».

« Si la jeunesse pense qu’il y a un messie ou quelqu’un peut à lui seul, sortir le pays de l’ornière, elle se mentirait », a conseillé Théophile Yarou.

Il a exhorté la jeunesse des FCBE en particulier à se départir du culte de la personnalité. L’ancien ministre de Boni Yayi, Théophile Yarou estime que le pays a besoin l’union de « ces fils pour créer la contradiction et l’émulation intellectuelle et faire des propositions alternatives ».