FCBE : Yarou répond à Yayi après sa démission

Falilatou Titi
publié le Apr 7, 2020

L’ex-ministre béninois de la défense et 1er secrétaire exécutif national adjoint de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) réagit à la démission de Boni Yayi, de sa formation politique.  

theophile-yarou Théophile Yarou

Etonnement et interrogations. Théophile Yarou n’arrive pas à s’expliquer la démission de Boni Yayi du parti FCBE. 1er secrétaire exécutif national adjoint de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), l’ex-ministre dit ne pas comprendre pourquoi le président d’honneur de sa formation politique a pris une telle décision. « Nous avons appris avec beaucoup de stupéfaction la nouvelle de la démission de notre président d’honneur (Boni Yayi). C’est une nouvelle qui nous a surpris même si nous savions que certains de nos camarades l'y poussaient depuis quelques temps », a confié Théophile Yarou.

Membre du bureau politique du parti, il apprend que ses collègues et lui ne s’attendaient pas à la démission de Boni Yayi. Surtout, circonscrit-il, après l’obtention du récépissé définitif pour participer aux élections communales du 17 mais 2020. L’ex-ministre dit s’être interrogé sur le choix du moment. « Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ? Pourquoi pas après ? », se demande le 1er secrétaire exécutif national adjoint de la FCBE.

 Selon lui, dans le cadre de la résolution de la crise au parti FCBE, il a été retenu, de commun accord avec l’ex-Chef d’Etat, une feuille de route qui prévoyait un congrès à l’issue des prochaines communales. « Qu’est-ce qui a pu donc motiver en ce moment précis la décision du président d’honneur de vouloir se retirer », s’interroge-t-il.

L’objectif des responsables du parti FCBE, fait savoir Théophile Yarou, est de pouvoir présenter un candidat à la présidentielle de 2021. Pour permettre, explique-t-il, aux citoyens béninois de « choisir librement celui qui doit conduire la destinée » du pays. Pour l’opposant, avoir une telle ambition ne saurait être « un crime ».

La ligne du parti n’a pas changé

Le président d’honneur de la FCBE justifie sa démission par l’adoption d’une nouvelle ligne politique par les responsables du parti. L’ex-Chef d’Etat les accuse d’être en deal avec le gouvernement de la rupture qui serait dans la dynamique de « ramener le parti unique » au Bénin. Pour Théophile Yarou, c’est parce que ses collègues et lui ont décidé de se conformer à la charte des partis politiques en tant que « légalistes » qu’on leur reproche d’avoir « transgressé la ligne » du parti.

 Selon lui, en attendant que la loi soit revue, tout bon démocrate devrait s’y conformer. « Décider de nous conformer à la nouvelle charte des partis politiques, ne voudrait donc pas dire que nous avons changé de ligne politique. Bien au contraire », rétorque le 1er secrétaire exécutif national adjoint.

Dans le message d’annonce de sa démission, Boni Yayi a également déclaré que le parti FCBE est devenu le « troisième pôle » du gouvernement de Patrice Talon. « Je pense que c’est une manière vraiment voilée d’amener les militants FCBE à s’abstenir de voter la liste du parti lors des prochaines élections », déduit Théophile Yarou. Mieux, l’opposant pense, qu’en le disant, Boni Yayi « contribue à faire campagne pour les blocs du régime qui n’ont plus besoin de présenter aux populations un quelconque projet de société ».

Pour l’ex-ministre, au lieu de demander aux militants de prendre leurs décisions en fonction de leurs convictions, de la paix et de la stabilité au sein du parti et au sein du pays, le président d’honneur a préféré abandonner 3630 candidats qui « n’ont commis aucun crime ».

 « Je voudrais demander humblement au président d’honneur d'éviter les accusations injustifiées distillées sur les réseaux sociaux tendant à livrer des collaborateurs qui l’ont servi avec loyauté et fidélité à la vindicte populaire », a exhorté Théophile Yarou

Pour l’ex-ministre, ces genres d’accusations relèvent des web activistes ou d’activistes de tout genre « qui font des injures à l’endroit des personnalités politiques, leurs choux gras ».

Pas d’exclusion

Entre autres raisons qui justifient sa démission, Boni Yayi a évoqué l’exclusion de certains militants, par les responsables de la FCBE. Mais selon Théophile Yarou, dans le cadre des positionnements sur la liste du parti, pour les prochaines communales, personne n’a été mis à l’écart. « Il n’y a pas eu d’exclusion dans le processus de positionnement. Nous (les responsables du parti, Ndlr) ne sommes pas intervenus au niveau des 546 arrondissements de notre pays pour procéder aux positionnements », a balayé le 1er secrétaire exécutif national adjoint.

« Nous avons laissé les structures de base faire les positionnements. Et dans les quelques cas où ils ne se sont pas entendus au niveau de leurs arrondissements, il a été prévu qu’il y ait un arbitrage au niveau national », fait-il savoir. Sur la question de la légitimité de l’actuel bureau politique de la FCBE, Théophile Yarou estime qu’il faut être d’abord légal avant de chercher l’adhésion du grand nombre. « Je pense que si nous sommes des démocrates, nous devons respecter les lois de la République. Nous devons donc être légalistes avant d’être légitimes », a-t-il lâché.

Dans la crise qui prévaut à la FCBE depuis plusieurs mois, l’ex-ministre estime que le président d’honneur a pris parti. « Je suis vraiment peiné de constater que le président a choisi un camp au sein de son propre parti », a-t-il déploré. Une attitude qui, soutient-t-il, rend la réconciliation difficile.

« J’aurais bien aimé que le président se mette au-dessus de la mêlée et considère que nous sommes tous ses fils, nous sommes tous ses collaborateurs, nous sommes tous ses militants, nous sommes tous les militants du parti », lance l’ancien ministre de Boni Yayi. Pour lui, après toutes les épreuves traversées par la FCBE, jusqu’à l’obtention du récépissé de reconnaissance juridique et celui de la participation aux prochaines communales, le temps ne devrait plus être à la crise.