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Présidentielle 2020 : Guillaume Soro sort l’anguille sous la roche de Ouattara

Ozias Hounguè
publié le Mar 8, 2020

L’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro s’est exprimé au lendemain de la décision du président Alassane Ouattara de ne pas briguer un troisième mandat. Il a expliqué qu’une autre intention était cachée derrière cette décision du chef de l’Etat ivoirien.

alassane-ouattara-guillaume-soro Guillaume Soro et Alassane Ouattara

Ouattara pas candidat pour la présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire. Il y a anguille sous la roche du Président ivoirien selon l’ex-Président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro  qui s’est prononcé sur la déclaration de Ouattara samedi 07 mars 2020 depuis son lieu d’exil. Jeudi 05 mars 20, le président Alassane Ouattara a annoncé devant le parlement à l’occasion d’un congrès sur une nouvelle réforme de la constitution ivoirienne son intention de ne pas se présenter aux élections présidentielles d’octobre 2020. Selon Guillaume Soro, cette volonté du président Alassane Ouattara vise « à séduire l’opinion publique internationale, obtenir la bienveillante complaisance de celle-ci ». Il explique que cette annonce a surtout pour objectif de « détourner l’attention du peuple (ivoirien, ndlr) des vrais enjeux, à savoir le tripatouillage de la Constitution pour asseoir le règne d’un clan, ad vitam aeternam ».

L’ancien bras droit du président Ouattara va plus loin et demande au peuple ivoirien de rester éveiller face à une « malice politique de non-candidature » dont le but est de détourner le peuple d’une succession en douce d’un dauphin désigné. « Appelons-les choses par leur nom : c’est le scénario d’une véritable forfaiture qui se met en place. (…) Le schéma qui se présente à nous est celui d’un projet de dévolution successorale du pouvoir suprême, par le biais d’une manœuvre constitutionnelle », a dénoncé l’opposant.

Pour Guillaume Soro, le régime du président Alassane ne se contente pas seulement d’emprisonner ses opposants, mais il manipule également la « loi fondamentale, trois ans seulement après son adoption par référendum, en la triturant au nom de petits calculs électoralistes ». « En agissant de la sorte, la Présidence, une fois de plus, contourne les Ivoiriennes et les Ivoiriens et confirme que pour conserver son pré-carré, elle ne reculera devant rien », a enfoncé Guillaume Soro.

Ancien chef rebelle et ex-premier ministre, Guillaume Soro a été bras droit du président Ouattara avant d’entrer en disgrâce. En février 2019, il avait été obligé de céder son fauteuil de président du parlement ivoirien à Amadou Soumahoro. Depuis décembre 2019, il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice ivoirienne qui l’accuse de tentative de déstabilisation, de détournement de derniers publics, de recel et blanchiment de capitaux.