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Démocratie et développement : « la question a été réglée dans notre constitution », Ibrahim Salami

Ozias Hounguè
publié le Mar 5, 2020

Le professeur de droit public, Ibrahim Salami a donné dimanche 1er mars 2020 sur l’émission « Zone Franche » de Canal 3, sa position sur le débat opposant démocratie et développement au Bénin.

ibrahim-salami Prof Ibrahim Salami

Ibrahim Salami pense qu’on ne peut pas opposer la démocratie et le développement. Interrogé sur la question, l’universitaire a déclaré qu’il était trop facile d’opposer les deux concepts.

« Le débat consiste à opposer ‘’Démocratie et Développement’’. Comme si la démocratie exclut le développement (et que, ndlr) le développement exclut la démocratie », a déclaré le constitutionnaliste sur Canal 3. Pour lui, « c’est trop facile de faire » la démocratie sans le développement.

Selon Prof Ibrahim Salami, il y aura toujours des choses que le Bénin ne pourra pas faire en 30 ans. Mais il estime ne pas comprendre ceux qui soutiennent que la démocratie et le développement ne font pas bon ménage. « Le challenge des hommes politiques, de nos gouvernants, c’est de concilier les deux », a exhorté Ibrahim Salami.

Prenant l’exemple du Ghana, il a expliqué que ce pays a su faire une belle alliance entre la démocratie et le développement, ce qui fait que le Ghana enregistre des « avancées considérables ».  Pour l’universitaire, il faut qu’on arrive à faire cela au Bénin. « Il faut exiger de nos gouvernants la capacité à nous offrir la paix et le pain », a-t-il ajouté.

Une question déjà réglée ?

Selon le professeur de droit constitutionnel, les Béninois ne doivent plus être à l’étape d’opposer les concepts de démocratie et développement. La problématique, signale-t-il, est déjà réglée dans le préambule de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990.

L’un des alinéas de ce préambule dit : « Affirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l'homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle ».

Selon, Ibrahim Salami, ce préambule répond largement à la question. « Je suis en mesure de dire qu’on a tout dit là. On est en train de dire qu’on ne veut pas la liberté pour la liberté. On veut la liberté, mais la liberté est la condition de développement. La liberté doit passer comme le chemin nécessaire pour aller au développement. », a-t-il expliqué.

L’universitaire précise que le développement tant souhaité par les Béninois n’est pas « qu’économique et matériel » et que c’est aussi « un développement humain d’expression culturelle ».  « Pour quelqu’un qui a compris notre constitution et notre régime politique, on ne doit pas opposer démocratie et développement », a-t-il martelé.