Robert Dossou: Joseph Djogbénou est «intelligent et brillant»

Léonce Gamai
publié le Mar 1, 2020

Le colloque international organisé par l’Association béninoise de droit constitutionnel (ABDC) pour marquer le 30ème anniversaire de la conférence nationale au Bénin s’est achevé samedi 29 février 2020 par un hommage à Robert Dossou.

robert dossou Robert Dossou

L’avocat a été président du comité préparatoire de cette conférence nationale de février 1990, qui a permis au Bénin d’entrer dans l’ère du renouveau démocratique.

L’hommage a été marqué par la cérémonie de remise de mélanges en son honneur. L’ouvrage est intitulé « L’AMPHITHEATRE ET LE PRETOIRE: Au service des droits de l’homme et de la démocratie ».

La cérémonie était co-présidée par Joseph Djogbénou, président de la Cour constitutionnelle et son homologue de la Cour suprême Ousmane Batoko. Le professeur Joseph Djogbénou a fait un témoignage sur Robert Dossou, qui fut à la fois son enseignant en faculté de droit, puis son prédécesseur à la tête de la Cour constitutionnelle.

En retour, l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du Bénin, Robert Dossou a aussi déclaré publiquement ce qu’il pense de Joseph Djogbénou, critiqué pour certaines décisions à controverse rendues par la mandature de la Cour constitutionnelle qu'il préside. A lire ci-dessous.

Témoignages de Robert Dossou sur Joseph Djogbénou 

« (…) Quand à mon enfant naturel (Joseph Dogbénou, ndlr), il peut être rassuré. Vous êtes mon enfant parce que je suis fier de vous. Qui aime bien châtie bien. Et vous, je vous châtierai plus durement que tout le monde en raison justement de cet amour que je vous porte.

Et je vous porte cet amour, vous-mêmes vous l’avez dit, vous l’avez répété ici, que vous avez juré d’être comme celui-là, alors soyez complètement comme celui-là, c’est tout ce que je vous demande.

Alors lui (Joseph Dogbénou, ndlr), je dois dire publiquement aujourd’hui pour la première fois pourquoi je l’aime. Il est intelligent, il est brillant, personne ne peut contester cela.  

Et si l’on sait dans quelles conditions nous avons créé une faculté de droit dans ce pays. Ces conditions ont fait que chaque fois qu’il m’arrive quelque chose d’heureux sur le plan professionnel, je pense à ces deux petites équipes de jeunes, qui avaient porté le projet de cette faculté.

Nous n’avions pas de salaire. Certains professeurs nommés, arrachés de leurs universités où ils enseignaient, arrivaient et ils faisaient une semaine de cours. On leur attribuait des cours. Ils venaient activement prendre fonction.

Une fois qu’ils ont donné deux ou trois cours, ils demandaient au fait combien vous gagnez ici. Et quand on leur disait qu’on n’avait pas de salaire, qu’on avait une avance sur solde de 60 000 Fcfa, sans rien dire, le week-end suivant ils reprenaient leur avion, ils étaient partis.

Et quand ils partaient, quelle que soit la discipline, moi je prenais leurs cours. Je ne savais pas que j’allais vivre jusqu’à 80 ans, parce que je donnais 30 heures de cours par semaine, il fallait les préparer. Donc, le soir, la nuit quand je rentrais chez moi, j’étais exactement comme ce chien qui a fait 10 000 km… J’étais épuisé (…)

joseph djogbenou Joseph Djogbénou

Donc lui (Joseph Djogbénou, ndlr), il est le premier des étudiants de cette faculté créée par nous, qui a tout fait ici au Bénin, tout, jusqu’à la thèse, jusqu’à l’agrégation. C’est le premier.

Les autres ont eu des formations entrecoupées à l’étranger. Donc, je suis obligé, même s’il fait des turpitudes, je suis obligé de l’aimer. Et quand on aime quelqu’un, eh bien on le châtie. Merci.»