POLITIQUE 1 Commentaire

Représentativité des femmes en politique: partage d’expériences entre Marocaines et Béninoises

Donald Kévin Gayet (Stag)
publié le Feb 26, 2020

L’Association Béninoise de Droit Constitutionnel (ABDC) en collaboration avec la fondation Konrad Adenauer Maroc a organisé lundi 24 février 2020 un dialogue sur la représentativité des femmes en politique. Des recommandations ont été faites pour permettre à la femme d’avoir plus de visibilité.

engageons-nous Des femmes politiques béninoises et marocaines partages leurs expériences

Béninoises et Marocaines ont été unanimes sur le fait que la volonté des acteurs politiques et des époux pourrait propulser les femmes au-devant de la scène politique. Elles l’ont fait savoir lundi 24 février 2020 à l’issue d’un dialogue sur le thème « Discrimination positive et quotas : moteur ou frein à la représentation des femmes en politiques ». Cette rencontre entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Engageons-nous ! Pour plus de femmes en politique au Bénin et au Maroc ».

Des échanges entre femmes politiques marocaines et béninoises, il ressort que ni la discrimination positive ou le quota ne saurait permettre aux femmes d’être aussi représentatives que les hommes au sein des partis politiques. Ces pourquoi c’est femmes béninoises et marocaines estiment qu’il faut une volonté des acteurs politiques et des époux.

Selon Mariama Baba Moussa, député à l’Assemblée nationale du Bénin, une autonomisation des femmes leur permettra d’intégrer les instances de décision. Elle a également fait remarquer que les femmes ont des difficultés à intégrer les partis politiques, parce qu’elles manquent de poigne. Cela, ne serait-ce que sur leur instruction.

Pour la parlementaire, il faut davantage sensibiliser les femmes sur l’alphabétisation afin qu’elles participent à la gestion de la cité. « Une fois ce pari gagné, je crois que les femmes pourront être plus représentatives dans les instances de décision », a-t-elle déclaré. 

Pour sa part, Saida Ait Bouali, députée marocaine, a estimé qu’il faut des textes pour bien positionner les femmes sur les listes. Comme au Maroc, le législateur doit également penser au quota de façon précise. « Il serait souhaitable de commencer par 30% représentativité dans tous les domaines », a-t-elle recommandé.

Selon cette parlementaire, les partis politiques doivent disposer des écoles afin de renforcer les capacités de leurs militants notamment les femmes. Elle apprend que l’expérience a été un succès au Maroc et que les femmes du Bénin doivent s’engager plus sur la question. « Mais elles ne pourront pas y arriver non plus sans les responsables  des partis politiques. D’où la nécessité de la volonté politique », a-t-elle souligné.

Discriminations positives et quotas

Parlemenataires marocaines et béninois parlent de la représentativité des femmes en politiques avec Gilles Badet, juriste béninois et Sg de l'ABDC

Après la genèse des dispositions, Gille Badet, juriste béninois a indiqué que le législateur a déjà fait en sorte que la femme ne soit pas lésée. « L’article 26 de la constitution parle de l’égalité des sexes, le nouveau code électoral accorde d’office 24 sièges sur 109 aux femmes à l’Assemblée nationale », a précisé le Secrétaire général de l’Association Béninoise de Droit Constitutionnel (ABDC).

Un argument pour montrer que la loi n’admet pas la discrimination de l’un ou l’autre des sexes. « Tous sont protégés par la loi mais le problème, c’est que les femmes doivent s’imposer elles-mêmes », a-t-il exhorté.

« Il faut d’abord saisir cette perche et se battre par la suite pour mieux se faire représenter », c’est ce que pense Mariama Baba Moussa. Elle estime que la discrimination positive et le quota sont « une chance » pour les femmes. Imane El Yakoubi, une autre parlementaire marocaine a une autre lecture de la question.

Selon elle, c’est « réducteur » de parler du quota pour les femmes. « Les femmes méritent plus », a-t-elle revendiqué. La représentativité, poursuit la députée, c’est « être ou ne pas être ». C’est pourquoi elle a invité toutes les femmes à lutter encore et encore pour mériter leur place.

Quid du projet « Engageons-nous ! »

Photo de famille des participantes

En partenariat avec plusieurs fondations européennes et africaines et le cofinancement de l’Union européenne (UE), la fondation Konrad Adenauer Stiftung (KAS) a initié le projet « Engageons-nous ! Pour plus de femmes en politique au Bénin et au Maroc ».

Le projet a pour objectif principal d’amener les partis politiques à faciliter aux jeunes femmes membres de jouer un rôle actif et d’avoir une influence accrue au sein des partis politiques au Maroc et au Bénin.

Dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, un réseau multipartite est organisé. Il vise à promouvoir le dialogue multipartite qui favorisera l’émergence d’approches et de positions communes sur les questions de politique et de réforme du renforcement du rôle des femmes au sein des partis politiques.

Des femmes politiques du Maroc (une délégation de 15 personnes)  ont partagé leurs expériences avec les Béninoises et Béninois sur l’introduction du quota. Elles ont échangé sur les mécanismes déployés pour une meilleure représentativité des femmes en politiques.