POLITIQUE 1 Commentaire

Appel de Kèmi Séba en faveur des «incarcérés pour avoir pensé à une Afrique...»

Olivier Ribouis
publié le Aug 15, 2019

Dans une publication parvenue à Banouto ce jeudi 15 août 2019, Kèmi Séba regrette l’arrestation de plusieurs militants panafricanistes dont le péché est d’avoir « pensé à une Afrique libre et autodéterminée ».

kemi-seba Kèmi Séba

« Incarcérés pour avoir pensé à une Afrique libre et autodéterminée ». Kèmi Séba, le leader du mouvement Urgences panafricanistes (URPANAF) donne de la voix à propos de la situation de plusieurs militants partageant sa cause qui ont été arrêtés dans les pays africains. « Des incarcérations pour ce combat, j'en ai connu à foison. Et beaucoup de mes frères les connaissent aussi actuellement », a écrit Kèmi Séba dans une publication ce jeudi 15 août 2019.

Il constate avec amertume que l’activisme pour la défense des droits des Africains est un combat plus risqué que l’opportunisme politique. « En Afrique, détourner de l'argent, faire régner la tyrannie, faire du népotisme, brader les richesses de nos sous-sols aux intérêts étrangers, tout ceci est moins risqué que d'éveiller les consciences du peuple africain et militer ardemment pour l'autodétermination de nos populations », critique le leader de URPANAF.

Au Bénin, son pays, Kèmi Séba cite l’exemple de Habib Ahandessi, qu’il présente comme leader panafricaniste estudiantin, et membre de Urgences panafricaniste arrêté depuis le 08 mai 2019. 

En dehors du Bénin, il a évoqué les cas de « Valsero, l’artiste et résistant camerounais, Guy Marius Sagna, le syndicaliste, camarade de lutte et courageux militant panafricaniste sénégalais responsable de France Dégage, André Blaise Essama, le téméraire activiste anticolonialiste camerounais, ou encore l'opposant et activiste panafricaniste gabonais Privat Ngomo ».

Tous, pères de famille, ou époux, Kèmi Séba pense qu’ils sont  « en prison pour leur amour de l'Afrique. En prison pour leur refus de l'inique. En prison pour leur non compromission. En prison car ils ne comprennent  que l'Afrique mendie à l'Occident alors qu'elle est riche ».

Le meneur du mouvement anti-CFA en Afrique ne compte pas rester bras croisés face à leur situation. « Chacun de ces frères est des nôtres, et leur libération pour nous autres une obsession », assure-t-il.  Estimant que ces arrestations tiennent aussi pour cause la Françafrique, pour réclamer leur libération, Kèmi Séba appelle à une mobilisation internationale le 14 septembre prochain.  « C'est aussi pour eux, que nous organisons la mobilisation internationale du 14 Septembre. Pour faire reculer comme jamais ce cancer nommé Françafrique. Ce cancer qui tue. Ce cancer qui appauvrit. Ce cancer qui nous déporte. Ce cancer qui nous humilie », a écrit l’homme pour qui le mot d’ordre est « #LAfriqueLibreOuLaMort ».