POLITIQUE 0 Commentaire

CEDEAO: l’ex-chef d’Etat béninois Boni Yayi favorable à l’adhésion du Maroc

Léonce Gamai
publié le Nov 22, 2018

Dans sa contribution au 11ème Forum International MEDays à Tanger, Boni Yayi, l’ancien chef d’Etat béninois et ancien président de l’Union africaine, a montré la pertinence et l’intérêt d’une éventuelle adhésion du Maroc à la CEDEAO.

boni yayi adhesion maroc cedeao benin Boni Yayi dit ce qu'il pense du projet d'adhésion du Maroc à la CEDEAO

 

Boni Yayi est favorable à l’idée de voir la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) élargie au Maroc. Lors de la 11ème édition du Forum International MEDays à Tanger, au Maroc, début novembre 2018, l’ancien chef d’Etat béninois (2006-2016) a soutenu le projet du Royaume chérifien d’adhérer à l’institution sous régionale. Dans une longue contribution, l’ancien président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (2012), a ressorti la pertinence et l’intérêt d’une éventuelle adhésion du Maroc à la CEDEAO. «La demande d’adhésion à la CEDEAO ne fait que mieux tomber et je salue votre prestigieux Institut pour avoir su saisir son rôle dans l’aboutissement de la vision géopolitique et géostratégique du Maroc », a lancé Boni Yayi aux responsables de l’Institut AMADEUS, organisateur du forum placé sous le thème «A l’Ère de la Disruption : Bâtir de Nouveaux Paradigmes». Il a ensuite rappelé les différentes étapes déjà franchies par la demande d’adhésion du Maroc. L’accord de principe des chefs d’Etat de la CEDEAO lors du sommet du 04 juin 2017 à Monrovia (Liberia), puis la mise en place, au sommet de décembre 2017 à Abuja (Nigéria), d’un comité de chef d’Etats pour adopter les termes de référence et superviser l’étude approfondie des implications du projet de Rabat.

«Sur la base du jargon «Ensemble nous sommes plus forts», je voudrais m’empresser de vous dire que je m’aligne sur la justesse de cette position de la CEDEAO qui a donné son accord de principe à l’adhésion du Maroc », a affirmé Boni Yayi dans sa contribution dont l’intégralité est disponible sur sa page Facebook. «Certes, argumente-t-il, le traité révisé ne fait pas cas des possibilités d’élargissement ni le retrait d’aucun membre. Le traité s’en tient aux limites physiques de l’Afrique de l’Ouest ; au demeurant les limites physiques incorporaient la Mauritanie. Quid du Maroc? L’adoption des objectifs de Développement Durable, la dégradation de l’écosystème et la persistance des effets des changements climatiques, le terrorisme international sont autant de défis pour la communauté internationale dont la riposte nécessite le leadership des regroupements régionaux par la mutualisation des stratégies et des efforts. «L’Agenda 2063 de l’Union Africaine-l’Afrique que nous voulons» inscrit au fronton de ses priorités la disrupture dans les stratégies d’intégration économique dans notre continent. Le lancement et la signature de l’accord portant sur la création de la Zone de Libre Echange Continentale (ZLEC) à Kigali, capitale du Rwanda, marque le tournant historique pour l’Afrique, pour ce continent qui a été divisé il y a 133 ans à Berlin, partagé et affaibli.» Pour conclure la partie introductive de sa contribution, l’ancien chef d’Etat béninois soutient que «la souveraineté de chaque Etat membre de la CEDEAO des 15 sera plus renforcée si ce marché commun compte désormais de nouveaux membres comme le Maroc, 5ème puissance économique de l’Afrique, avec de nouvelles valeurs ajoutées.»