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Bénin-Affaire Cocaïne: les raisons de l’absence de Sébastien Ajavon à la CRIET (avocats)

Léonce Gamai
publié le Oct 4, 2018

Dans l’affaire de 18 kg de cocaïne qui refait  surface au Bénin, après l’audience à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ce jeudi 04 octobre 2018, les avocats des prévenus, ont donné une conférence de presse à Cotonou.

sebastien ajavon Sébastien Ajavon

 

Attendu à Porto-Novo, à la Cour de répression des crimes économiques et du terrorisme (CRIET) dans le cadre de l’affaire 18 Kg de cocaïne, les quatre prévenus se sont plutôt faits représenter par leurs avocats. Mais dans le lot, c’est surtout l’absence de Sébastien Ajavon qui retient les attentions. Riche milliardaire, de par son statut de personnalité publique et politique, le président d’honneur du parti Union Sociale Libérale (Opposition) et président du patronat du Bénin, est la figure centrale de ce feuilleton débuté en octobre 2016. Une affaire de 18 kg de cocaïne retrouvés dans un conteneur destiné à sa société. Après une semaine de garde à vue, l’ancien allié politique du président Patrice Talon, qui avait crié au complot, a été relaxé par le tribunal de première instance de Cotonou au bénéfice du doute, avant d’être convoqué fin septembre 2018 par la CRIET, une juridiction récemment créée.

Du côté des avocats de Sébastien Ajavon, l’on évoque des raisons d’agenda, de droit et même d’inquiétude par rapport à la procédure pour justifier son absence à la convocation de la CRIET.  «Cette convocation a été délaissée le 24 septembre. Au moment où ils le faisaient, M. Ajavon n’était pas au Bénin. C’est un homme d’affaires d’envergure internationale. Il voyage au moins une fois par moi. Il était déjà parti quand la convocation a été déposée», fait savoir Me Issiaka Moustafa, avocat au barreau du Bénin, face à la presse à Cotonou jeudi 04 octobre 2018. «Mais cela dit, rebondit-il, rien ne l’oblige juridiquement à être là ce matin. La loi lui permet de se faire représenter. C’est ce qu’il a fait.» Et parlant de loi,  renchérit  Me Marc Ben Simon, avocat au barreau de Paris, les quatre mis en cause «ont parfaitement le droit au regard du droit international, mais également au regard du code de procédure pénal béninois, de se faire purement et simplement représenter s’ils le souhaitent.»

Membre du collège de 10 avocats qui défend l’ancien magnat de la volaille, il enchaine: «outre le fait d’être convoqué huit jours plus tôt pour une audience de cette importance. Puisque si nous sommes en matière de trafic international de stupéfiant, la condamnation peut aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement ferme, outre le fait que cette Cour de répression statue en premier et dernier ressort, outre le fait que la convocation de nos clients ne mentionne pas la raison pour laquelle ils sont convoqués, ce qui enfreint les règles les plus élémentaires du droit international et du droit de la défense, chacun devant savoir les raisons pour laquelle il est renvoyé devant une juridiction, ces 4 personnes ont décidé de ne pas être présentes à l’audience de ce matin».

Ce jeudi à Porto-Novo, après le débat sur l’absence des prévenus, l’audience a été renvoyée au 18 octobre, le ministère public réclamant la présence de Sébastien Ajavon. Sera-t-il présent à la prochaine audience ?  «Rien ne l’oblige non plus à être là le 18 octobre », répond Me Moustafa qui s’appuie sur l’article 428 du code de procédure pénal en vigueur au Bénin.