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Bénin-droit de grève: Michel Adjaka rafraichit la mémoire à Djogbénou

La rédaction
publié le Jun 29, 2018

Après sa réaction laconique du jeudi, Michel Adjaka, téméraire et ancien président de l’Union nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB), est revenu sur le retrait du droit de grève aux magistrats.

joseph djogbenou marche benin magistrats Le professeur Joseph Djogbenou lors d'une marche de protestation. Image:archives

 

Dans une publication sur sa page Facebook, à la mi-journée de ce vendredi 29 juin, Adjaka  a ressuscité des propos tenus en 2014 par le professeur Joseph Djogbénou. A l’époque, il était opposé au retrait du droit de grève aux magistrats.  Ci-dessous l’intégralité du post de Michel Adjaka.

DEVOIR DE MEMOIRE

En 2011, alors qu’il était membre de la société civile, le professeur Djogbenou déclarait au sujet du retrait du droit de grève aux douaniers qu’«(…) Il faut lire l’article 31 de la Constitution qui dispose que l’Etat reconnait et garantit (regarder bien la conjonction de coordination «et»). La garantie n’est pas l’interdiction, il est vrai que la Constitution dispose également que tout travailleur peut défendre dans les conditions prévues par la loi l’exercice du droit de grève qui peut être limité. Le droit de grève en lui-même ne peut être interdit; c’est son exercice qui peut être limité. C’est la Constitution de notre pays qui a prévu cela. Ce qui est en jeu est de savoir si le droit de grève peut être interdit. La réponse est non! Est-ce que le droit de grève peut être limité? La réponse est oui et personne ne peut contredire les limitations appropriées que le législateur pourrait apporter.»

Cette conviction l’avait conduit en 2014 à marcher par trois fois sur l’Assemblée nationale pour dénoncer le retrait du droit de grève aux douaniers. 
Nommé en 2016, Ministre de la Justice, il a curieusement soutenu le retrait du droit de grève aux secteurs de la justice, de la santé et de la sécurité consacré par l’Assemblée nationale et rétorqué par la Cour constitutionnelle.

Devenu Président de la Cour constitutionnelle, le 08 juin 2018, le Professeur DJOGBENOU fait volte-face a dit et jugé, à travers la décision DCC 18-142 du 28 juin 2018, que «Si un droit fondamental est reconnu à la personne par la constitution ou une convention internationale, il n’est contraire ni à la constitution, ni à cette convention internationale que le législateur en restreigne voire interdise l’exercice lorsque ladite constitution ou convention en pose le principe et que cette restriction ou interdiction vise à protéger l’intérêt général et réaliser un impératif constitutionnel.»


Cette réflexion m’inspire deux questions :
1-Le législateur national peut-il interdire un droit reconnu et garanti par une convention internationale ?
2-De 2011 à 2018, en passant par 2014, où il marchait dans les rues de Porto-Novo au côté de l’UNAMAB contre le retrait du droit de grève aux magistrats, qu’est ce qui a changé en l’homme pour qu’il devienne subitement favorable au retirait du droit de grève à la justice, la santé et aux agents de sécurité ? 
Tout finit par finir. Le pouvoir, l’avoir et le savoir, rien n’est éternel, sauf la parole de Dieu. 
Michel ADJAKA