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Bénin-Candide Azannaï: «ma démission exprime mon profond désaccord avec» Talon

La rédaction
publié le Jan 21, 2018

Massivement mobilisés, les militants du parti Restaurer l’Espoir ont présenté les vœux du nouvel an à leur président Candide Azannaï ce dimanche 21 janvier 2017, à Cotonou. Dans son discours de vœux aux élus, cadres et militants de son parti, Candide Azannaï a suffisamment insisté sur ses griefs contre le régime Talon dont il fut l’un des artisans. Un début de sa version des raisons de son départ du gouvernement. Lui qui avait, contre toute attente, démissionné de son poste de ministre délégué à la défense nationale fin mars 2017. Ci-dessous l’intégralité de son discours.

candide azannai beninCandide Azannai

«Avant tout propos, j’invoque DIEU, et je place sous son autorité cette présente cérémonie que vous savez symbolique pour célébrer la grâce de nous retrouver pour échanger des vœux de bonne et heureuse année 2018.

Je voudrais vous dire merci de vos bons vœux.

Je forme en retour à chacune et à chacun d’entre vous, mes vœux de santé, de paix, de force et de bonheur.

Mes vœux de paix à notre Peuple, de progrès et de prospérité à notre Pays, de bien-être à nos populations et de rayonnement à notre Nation. 

Que rien ne nous détourne du pacte républicain et du chemin ouvert par les sacrifices ayant abouti aux acquis de la Conférence Nationale de 1990.

Je voudrais très humblement nous prier d’observer un instant pieux en la mémoire de nos proches arrachés à nos affections.

A ceux qui souffrent, à ceux qui sont des « gagne - petits », aux faibles, aux marginalisés, aux brimés, aux brisés, et aux étouffés par la situation économique, j’exprime mes meilleures pensées.

A ceux qui humiliés, ceux qui résignés dans ce pays, le nôtre, et qui estiment n’avoir d’autres recours que le mime forcé de sourires, les mises en scène, les louanges à leurs bourreaux comme seuls remparts, je demande de garder le courage et de ne jamais perdre espoir.

A ceux qui ont perdu leurs emplois, leurs lieux de travail, victimes impuissantes des casses sauvages, je suis de cœur avec vous et ne pensez jamais que vous êtes seuls.

Aux combattants des libertés persécutés, embastillés, exilés par la ruse, la rage, la hargne, nous exprimons soutiens, sympathies et solidarités.

Les années antérieures, nous profitions de ces moments pour faire le bilan des activités du Parti et jeter un regard sur la situation politique de notre pays. Nous n’allons pas déroger à cette règle.

*Mon profond désaccord avec le Président de la République

Comme vous venez de l’évoquer, notre pays est dans une mauvaise passe préjudiciable à la paix, à la cohésion nationale et au pacte républicain.

Mesdames et messieurs,

A l’échelle de notre Parti et au titre de l’année écoulée, trois événements ont retenu votre attention: ma démission du Gouvernement intervenue le 27 mars 2017; le 03 juin 2017, la tenue de notre 3ème Congrès Ordinaire au Palais des Congrès à Cotonou ; le 07 Octobre 2017, la tenue du Conseil National Ordinaire annuel à Abomey.

C’est le lieu de nous féliciter au regard de l’importance de ces trois actions décisives sur le chemin de la marche démocratique et victorieuse de notre Peuple vers la liberté, la consolidation de l’Etat de droit et le bien-être pour tous.

Nous avons toujours su rester toujours dignes.

Sur ma démission, elle exprime mon profond désaccord avec le Président de la République, désaccord né de mon refus de servir de caution à l’assassinat programmé de la démocratie ô combien chèrement acquise, au pillage des secteurs prometteurs, au bâillonnement des libertés, à la ruine de l’Etat de droit, et à la désintégration de la cohésion nationale, à l’érosion des acquis du Renouveau démocratique. 

J’ai choisi de me mettre à l’écart de l’arrogance de l’ingratitude, de me mettre à l’écart des parades de l’orgueil pillard et glouton  qui chaque jour, cible comme victime tout ce qui lui paraît rentable dans notre Pays dans un déchaînement aveugle de brutalité contre les pauvres populations et de terreur contre les porteurs potentiels d’opinions contraires. 

Au sommet de l’Etat, j’ai pensé qu’il est préférable de ne pas avaliser que le vis donne des ordres à la vertu. J’ai décidé de me démarquer tout en gardant le silence sur des détails. 

Le temps des détails viendra, car nul n’ignore que le Président de la République s’est opposé à ce que je passe service, malgré mes multiples insistances toutes restées vaines à ce sujet. 

Le silence parce que, je ne veux pas m’inscrire sur le registre de déballages sensationnels. 

Je voudrais également, étant sur un terrain purement politique, mettre chacun devant le tribunal de sa conscience et laisser le temps révéler la vraie nature de chaque acteur sur notre échiquier politique et social . 

Personne ne m’a appris que tous les moyens sont bons pour réussir. Le tout immoral ne peut-être le seul sentier en politique : il est possible de vivre la conviction politique au service de l’intérêt général aux bénéfices des populations sans pervertir sa conscience.

Le temps des détails viendra. Mais sachez que de manière basique, j’ai agi avec foi, courage et promptitude pour contribuer à empêcher la privatisation opaque de notre Constitution, sa personnalisation éclair.

J’ai agi pour contribuer à désorganiser le musellement programmé de notre Peuple. J’ai agi pour infléchir la hargne, la rage et la brutalité contre les populations démunies. 

J’ai agi en réponse aux cris de détresse de nos populations qui m’ont appelé aux secours du Peuple abusé et floué . 

Face à ma conscience, ce n’est pas ce sur quoi nous sommes entendus qui se fait actuellement. 

Nous n’avions jamais dit que nous dévasterions la démocratie, que dépouillerons le Pays, que nous violenterons les populations , que nous défigurerons les institutions de contre pouvoir. 

J’ai été tout le temps contre la dictature. J’ai horreur de celle dite de développement . 

Je n’ai aucune place dans une Gouvernance sirènique et despotique. La rupture telle que révélée est la malice d’un Songe - creux qu’il convient de combattre pour espérer limiter la saignée sauvage en cours.

Au sein de notre Parti, nous assumons plus que jamais, notre position de nous démarquer de l’hybris, qui s’est emparée des dirigeants au sommet. Les Grecs anciens le traduisent par démesure: un sentiment inspiré d’orgueil, de voracité, de brutalité et l’absence de censure.

Le 3ème Congrès Ordinaire nous a permis d’indiquer s’il en était encore besoin, le lien existentiel entre crédibilité politique, confiance publique et intérêt général.

J’ai eu longuement à disserter à plusieurs occasions m’inspirant de HEGEL, de MEINECKE, de PARENT, Sandy Allgeier, de ROUSSEAU, de KANT et même de MACHIAVEL que l’homme politique doit-être un soldat de l’intérêt général et la crédibilité son uniforme de combat. « L’homme d’Etat perd la liberté d’agir de façon personnelle et arbitraire ; il est un soldat au service de l’Etat », affirmait F. MEINECKE.

On ne peut conduire des réformes majeures de manière sereine et participative si dans le même temps vos propres actes et les actes de vos proches vous déshabillent de toute crédibilité politique,  vous éjectent hors de la confiance publique. 

C’est ce qui malheureusement se déroule sous nos yeux. 

Qui peut croire en vous, si au vu et su de tous , vos premiers actes consistent à acheter ce qui appartient à tous, à arranger les situations de vos anciennes activités pendant que vous demandez aux populations de “serrez les ceintures”...?

Qui peut croire en vous si on suspecte vos entourages immédiats de mettre la main sur tout ce qui leur paraît « juteux » dans les affaires de la République ...?

Qui peut croire en vous si on vous suspecte de croire que seule compte pour vous, la loi de l’argent...?

Qui peut croire en vous si on doute de votre parole au point de vous confondre à VERRÈS pour qui, seule la langue promet et jamais le cœur...?

Qui peut croire en vous si on vous suspecte d’avoir par ruse mercantile, fabriquer une majorité parlementaire mécanique pour ne dire décérébrée...?

Qui peut croire en vous si manifestement, des repris de justice font partie de vos collaborateurs ultra -zélés...?

Qui peut croire en vous si des personnes sur qui pèsent de lourds soupçons dans de grands scandales non encore élucidés opèrent sans gêne dans votre système alors que des missions de contrôle apparemment sélectives sont lancées de manière théâtrale aux trousses de ceux qui critiquent les tares de votre gouvernance...?

Qui peut croire en vous si vous vous illustrez à violer les décisions de la Cour Constitutionnelle...?

Assemblée Nationale de godillots, mirage de réformes

Mesdames Et Messieurs,

Ces remarques interrogatives se passent de commentaires.

Jusqu’à demain, si nous avions à rester ici, j’allais vous gaver d’une litanie des étonnements de même genre. 

En décidant de m’adresser à vous à partir d’un texte écrit, j’ai beaucoup réfléchi sur ce que devient de jour en jour, notre Assemblée Nationale.

Et ce qui me paraît une absurdité innommable n’est pas sa castration subite  devant les caprices liberticides des maîtres du “Nouveau Départ / Rupture” mais l’excès de zèle de certains de certains de ses responsables , à la transformer sans autres formes de procès, en une chambre introuvable, en une assemblée de godillots qui rivalise à faire pâlir les plus redoutables parlements de type stalinien…

Je ne sais sous quelle hypnose matérielle, avec un talent digne des meilleurs griots mandingues, il nous a été dénoncé l’ « Etat saccagé, fragilisé , fragmenté, banalisé, descendu de son piédestal... ». État hérité de l’ancienne administration selon les œillets actuels de qui vous n’ignorez guère.

Je ne sais comment expliquer à quel point, il est devenu subitement laudateur si folklorique du régime actuel, régime qui pourtant avec  sa complicité ne cesse de saccager les acquis de la Conférence Nationale, de fragmenter les acquis sociaux, de banaliser le pacte constitutionnel, de fragiliser les forces sociales, de déstabiliser les forces politiques, d’humilier la raison d’être d’un    Parlement en système de démocratie moderne...

Comme vous, je m’inquiète d’une parodie au plus haut niveau de notre République. 

Il y a des raisons de s’inquiéter lorsque le porte - parole des Présidents des Institutions constitutionnelles de la République - institutions pourtant conçues dans une large mesure comme d’institutions de contre -pouvoir - encense une gouvernance qui terrorise les populations, qui aggrave la paupérisation, qui affame le peuple. Plus grave, une gouvernance qui transforme avec empressement l’Etat en une association d’individus venus régler leurs intérêts particuliers, au détriment de ceux de la collectivité nationale.

Mesdames et messieurs,

Le mal que vous venez de peindre, réside pour une large part, dans une transposition maladroite de la prédisposition psychologique à la corruption, j’allais dire de la vulnérabilité maladive d’une large partie de l’élite politique de notre pays face à la corruption dans la psychologie politique de nos populations. Et cette confusion devient une dangereuse méprise lorsque leurs auteurs obnubilés par une déficience analytique confondent à tord, les populations au peuple. Car, il y a bien longtemps que tous, nous devrions être persuadés que des hommes politiques de notre pays peuvent être des corrompus invétérés, crasseux et inguérissables, que de larges franges de nos populations sous le poids de la misère, de la pauvreté, de la nécessité et de l’ignorance, peuvent céder aux manifestations des manipulations de toutes sortes. Mais plus que persuadés, nous devrions être nombreux convaincus que pour rien au monde, notre vaillant Peuple ne flétrira les genoux devant la corruption.

Une telle méprise est à l’évidence en contradiction avec l’histoire de notre Pays. Un simple examen de notre histoire renseigne à suffisance, l’attachement irrésistible de notre peuple à la Démocratie, à la Liberté et aux droits de l’Homme. 

S’obstiner à croire, qu’il suffit de tenir certains hommes politiques corrompus et fourbes pour museler notre peuple est ce qui révèle le peu de connaissance qu’ont de notre Peuple, certains des maîtres de la gouvernance actuelle dite du « Nouveau Départ » et de la « Rupture ».

Pour bien gouverner un peuple, il faut d’abord le connaître, le comprendre.

Je le redis à cette occasion de retrouvailles et d’échanges de vœux, 

Il est  pure illusion de croire que si l’argent peut réussir à mettre à genoux la majorité de l’élite politique nationale, l’argent peut conséquemment mettre à genoux notre Peuple.

Il ne suffit pas de psychanalyser la vulnérabilité à la corruption de certains membres des gouvernements successifs depuis 1990 pour exemple, comme mode opératoire, comme l’alchimie ayant servi de terreau sur lequel a germé et prospéré généralement l’élite patronale, pour prétendre ruiner la démocratie et l’Etat de droit par la ruse, la hargne, la rage. 

Il est irréfléchi de vouloir troquer la liberté et l’Etat de droit à coups d’overdoses de corruptions et de mirages de réformes.

Abandonner la corruption comme mode de gestion de l’Etat

La première réforme et la plus importante est l’abandon de la corruption comme mode de gestion de l’Etat sous la gouvernance actuelle dite du « Nouveau Départ /Rupture ». Cette seule réforme suffirait à notre Peuple.

Il est enseigné dans tous les traités à la disposition des dirigeants modèles que lorsque le leader est suspecté de corruption sous quelque forme que ce soit, lorsque son entourage est soupçonné de trafic d’influence et de corruption sous quelque forme que se soit, il entame son crédit politique, sa crédibilité.

Il est évident que les dirigeants actuels n’offre aucune crédibilité et qu’ils ont perdu toute confiance publique.

Notre Conseil National Ordinaire annuelle tenu en Octobre dernier, a devant le diagnostic alarmant que vous avez évoqué, mis l’accent sur la nécessité de mieux nous organiser pour mieux défendre nos populations, les libertés, la démocratie et l’Etat de droit, les acquis du Renouveau démocratique.

Nous avons pris l’engagement d’une opposition politique pure et nette . Nous avons décidé dans cette optique de contribuer au renforcement et à l’amélioration stratégique de l’Opposition politique à la gouvernance actuelle. 

Des mutualisations d’expériences sont en cours. Les premiers résultats annoncent de bonnes perspectives.C’est le lieu de saluer le rôle décisif que joue avec sacrifice et courage l’Honorable MITOKPE, sur le front parlementaire.J’ai toujours conseillé que nous devrons combattre autrement ce régime perfide conduit avec un « esprit sans foi, ni loi ».

J’ai entrepris plusieurs contacts. 

Nous devons approfondir notre analyse systémique sur ce qui transforme les gens en despotes une qu’ils accèdent au pouvoir le plus haut de la République. Nous devons interroger la qualité des relations, l’histoire des complicités entre l’élite patronale et l’élite politique dans la construction des victoires aux élections politiques majeures dans notre Pays. Nous devons inviter, questionner et analyser sans complaisance l’influence de l’élite patronale sur la gestion des activités politiques dans notre Pays par l’élite politique. 

Il revient à nos experts d’approfondir ces questions qui me paraissent détenir biens d’indices sur l’affinement des stratégies idoines face aux échéances qui se dressent et aux défis en face.

Mesdames Et Messieurs,

Au total, comme vous le vivez, la cérémonie de cette année intervient dans une période marquée par une grave crise touchant quasiment tous les secteurs de la vie nationale. L’espérance née de l’élection présidentielle de mars 2016 se transforme progressivement en désarroi pour nos populations.

 Depuis quelques jours, l’administration publique est paralysée par un mouvement de grève générale. Cette situation, fruit des promesses non tenues du gouvernement dans le cadre du dialogue social, a eu pour détonateur le vote par notre Parlement de propositions de lois retirant le droit de grève aux travailleurs, remettant, du coup, en cause l’un des droits fondamentaux reconnus par la Constitution de notre pays.

 Le 18 janvier dernier, la Cour constitutionnelle a rendu une importante décision à ce sujet ramenant le législateur à ses limites, et réaffirmant le caractère fondamental du droit de grève.

 Un pouvoir élu sur la base d’un programme fondé sur les libertés publiques a-t-il besoin d’un tel coup de force ?

 Pour notre part, la réponse est négative.

Redressements fiscaux orientés

La situation actuelle est critique. Le mal qui ronge certains acteurs politiques de notre pays est rappelons-le, la faiblesse devant l’argent.

 Bon nombre d’institutions sont instrumentalisées. Quel recul !

 Quid des menaces sur la paix à l’occasion de l’organisation des prochaines élections avec les vols programmés des suffrages par les combines secrètes autour du RAVIP et de la non - installation du COS- LEPI en dépit des décisions de la Cour Constitutionnelle?

Quid des menaces contre la liberté d’association et de presse et des arrestations politiques ?

 Il n’y a pas de démocraties sans démocrates, dit-on. Cela dit, pouvons-nous aujourd’hui, sans ambages, compte tenu de ces pratiques observées et qui sont à l’antipode de la démocratie, affirmer que notre pays est dirigé par des démocrates ?

 Que dire des redressements fiscaux orientés devenus des armes contre les chefs d’entreprises redoutés ou potentiellement jugés insoumis ? 

La certitude que la corruption s’accélère en haut lieu gagne les populations.La certitude que le Président ne respecte les décisions de la Cour Constitutionnelle est répandue même dans les écoles maternelles..Des milliers de jeunes subissent les affres de la politique économique du gouvernement. 

La pauvreté est galopante.

Les politiques sociales dont bénéficiaient les populations ont été du jour au lendemain suspendues. A titre d’illustration, la mesure de la gratuité de la césarienne dans les hôpitaux connaît tacitement des perturbations menaçantes.

 Même la prise en charge des ayant-droit pour d’autres ennuis de santé est suspectée de menaces...

Le développement suppose des changements générant l’amélioration des conditions de vie de la population. Il ne saurait, en aucun cas, être une succession de promesses sans lendemain et un harcèlement des couches les plus défavorisées.

 Mesdames et Messieurs ,

 Nous sommes convaincus de la nécessité de se battre aux côtés des populations qui croulent sous le poids des différentes politiques publiques iniques du gouvernement.

 Permettez-moi de paraphraser, Jean Jaurès, l’un des plus grands humanistes français pour dire que la République n’est pas faite pour cacher la pauvreté du peuple mais pour la proclamer et la guérir. ( Discours tenu à Limoges, 8 octobre 1908).

Je voudrais avoir une pensée aux populations de GLO - DJIGBE qui vivent une situation d’expropriation bizarre et assez préoccupante.

 Je ne saurais terminer, sans vous réitérer mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année, santé, paix et prospérité.

Dieu soit avec notre Peuple;

Dieu soit avec vous ;

Je vous remercie.

Candide Armand - Marie AZANNAI 

*Les intertitres sont de la rédaction de Banouto