POLITIQUE 0 Commentaire

Identification des Béninois : ce qui différencie le RAVIP des autres recensements

Léonce Gamai
publié le Oct 21, 2017

Le Recensement administratif à vocation d’identification (Ravip) de la population institué par le gouvernement Talon et qui va démarrer le 1er novembre 2017 est bien différent des recensements précédents.  C’est ce qu’a démontré ce vendredi 20 octobre 2017 le député pro-Talon Orden Alladatin sur Cafe Médias Plus.

Orden Alladatin 

«Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) : les avantages d’un outil controversé ». C’est sur ce thème que le député Orden Alladatin a entretenu ce vendredi 20 octobre 2017 les participants aux causeries hebdomadaires du club de presse « Cafe Média Plus », à la Maison des Médias. Un thème d’actualité. Puisque, qualifié par certains d’outil électoral dont veut se doter le président Talon pour se garantir la victoire aux prochaines élections, le Ravip est au cœur de la polémique. « Le Ravip est une révolution », a rectifié le député de la 16ème circonscription électorale après avoir ressorti ce qui le différencie des recensements précédents que sont le Ravec , le Rena-Lépi et le Rgph. Lancé en 2006, le Recensement administratif à vocation état civil (Ravec) avait pour finalité de doter les Béninois de l’état civil. Le Recensement électoral national approfondi pour l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Réna-Lépi) avait quant à lui une finalité électorale. Il consistait au dénombrement de la population et des infrastructures nécessaires pour une organisation efficace et transparente des élections. Concernant le Recensement général de la population et de l'habitation (Rgph) dont l’édition 4 s’est déroulée en 2013, « il a pour vocation d’appréhender les populations dans leur globalité. Sa principale caractéristique est qu’il est anonyme », a indiqué le rapporteur de la commission des lois de l’Assemblée nationale. « L’outil Ravip, a-t-il souligné, est conçu pour appréhender les Béninois de 0 à X an, en tenant compte de leur identité. Le Ravip est à vocation individuelle.» 

Safran, suppression de la Cena

L’honorable Alladatin a aussi réagi à la polémique sur la crédibilité du partenaire technologique du Ravip, Safran, et la suppression de la Commission électorale nationale autonome (Cena). « Safran est un opérateur technologique. Mais le travail sera fait par les experts béninois », a-t-il assuré. Avec quelle liste ira-t-on aux prochaines élections ? La Lepi ou le produit du Ravip ? « Je ne sais pas. On va aviser », a-t-il répondu. Selon lui, les initiateurs et porteurs du Ravip ont voulu éviter les erreurs du passé. Notamment, celle d’inscrire dans la loi que l’organisation des élections se fera obligatoirement avec la Lépi. Conséquence, le blocage dans la finalisation de la Lépi avait plongé le pays dans un cycle d’incertitude électorale sur fond de suspicion.  « Le Ravip seul ne suffira pas pour aller aux élections. Pour l’utiliser comme liste électorale, il faut toucher au code électoral », a expliqué Orden Alladatin. Avant de clarifier sur les rumeurs relatives à une éventuelle surpression de la Cena : « Le débat sur la suppression de la Cena n’est pas encore au Parlement. Ce n’est pas d’actualité. Mais en tant que député, je suis en réflexion sur ce qui sera le prochain code électoral, la vie des partis politiques ».