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G5 Sahel : le président malien orchestre le rendez-vous de New-York

Olivier Ribouis
publié le Sep 13, 2017

Regroupés au sein de la force multinationale dénommée G5 Sahel présentée comme une solution face aux assauts terroristes, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad doivent accorder leurs  violons pour convaincre les potentiels bailleurs. En prélude à l’Assemblée générale de l’Onu qui se tiendra la semaine prochaine à New-York, Ibrahim Boubacar Keïta, le chef de l’Etat malien s’est donné pour mission d’harmoniser les points de vue des quatre autres membres.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta

Ibrahim Boubacar Keïta a déjà pris son bâton de pèlerin pour concrétiser mobiliser les ressources au profit de l’avènement du G5 Sahel, cette force multinationale tant attendue pour contrer les ambitions déstabilisatrices des terroristes. En prélude à  l’Assemblée générale de  l’Onu qui s’ouvre dans quelques jours à New-York aux Etats-Unis, le président malien a entrepris une mini-tournée  pour recueillir  les propositions de ses pairs du Niger, du Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad. Ce mercredi 13 septembre il est au Niger pour rencontrer le président Issifou. Mardi,  il a reçu son homologue mauritanien à Bamako après s’être rendu à Ndjaména lundi 11 septembre. Au cœur de ses déplacements et tête-à-tête, la question de la mobilisation des ressources nécessaires à la concrétisation de l’ambitieux projet de force militaire régionale « G5 Sahel ». L’initiative du président malien à quelques jours du rendez-vous de New-York est probablement destinée à définir les axes de  plaidoyer auprès de ceux qui ont le chéquier.  En dépit des apports de la France, principale soutien à la création de cette force, le financement demeure le grand blocage pour la réalisation du rêve de ces pays sahéliens.  D’un coût global estimé à 423 millions d’euros, le G5 Sahel, toutes promesses prises en compte n’est qu’au quart de la bagatelle recherchée. Pour l’instant, l’on se contente de l’inauguration du poste de commandement mis en place dans la zone militaire de Sévaré  au centre  du Mali. En  dehors du financement, l’autre point important de discussion devrait être la  mobilisation des hommes qui constitueront cette force sous-régionale. Le  dispositif humain à déployer est de 5250 hommes avec 7 bataillons de 750 hommes répartis sur 3 zones frontalières.  La mobilisation de la ressource s’avère un défi d’autant plus qu’il est prévu des opérations militaires transfrontalières  dès octobre dans dans la zone du Liptako Gourma située à la frontière commune du Mali, du Burkina et du Niger.