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Fermeture des frontières: l’Afrique de l’Ouest à l’épreuve du protectionnisme nigérian (1/7)

Léonce Gamai
publié le Jan 6, 2020

Effective depuis le 20 août 2019, la fermeture des frontières du Nigeria dans le cadre de la lutte contre la contrebande éprouve économiquement ses voisins et le principe de libre circulation des personnes et des biens de la CEDEAO. Mais Abuja vante les fruits de sa décision et s’impose au grand dam des autres.

buhari Le président Muhammadu Buhari du Nigeria

 

Le Nigeria en mode protectionnisme. Depuis le 20 août, le géant économique et démographique d’Afrique a fermé ses frontières à ses voisins dont le Bénin, dans le cadre d’Ex-Swift Response, une opération de lutte contre l’insécurité transfrontalière dont le terrorisme, le banditisme armé, la contrebande et la prolifération des armes. La mesure vise particulièrement à lutter contre la contrebande et la réexportation de produits alimentaires, dont le riz, vers le Nigeria. « Maintenant que nos habitants des zones rurales retournent dans les fermes et que le pays économise d’énormes sommes d’argent qui auraient autrement été dépensées pour importer du riz, nous ne pouvons pas permettre la contrebande du produit dans des proportions aussi alarmantes », avait explicité le président nigérian Muhammadu Buhari à son homologue béninois Patrice Talon lors de leurs échanges fin août au Japon en marge de la TICAD 7.

Selon Agence Ecofin, en 2014, le Nigéria dépensait par an environ 5 milliards de dollar dans l’importation de riz. Audu Ogbeh, ministre de l'agriculture, cité par l’agence spécialisée en informations économiques, indiquait en septembre 2018 que ce montant a atteint les 22 milliards de dollars. John Igué, géographe béninois et spécialiste des relations entre le Bénin et le Nigeria justifie la décision unilatérale d’Abuja par deux raisons. « La première est que M. Buhari...

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