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Sébastien Ajavon : son grand-frère parle des communales et se tait sur la cour africaine

Banouto
publié le May 5, 2020

Frère aîné de Sébastien Ajavon, Gabriel Laurex Ajavon est un acteur politique de l’opposition au régime de Patrice Talon. Dans une interview exclusive à Banouto, le vice-président du Parti de la Flamme renouvelée parle des communales. Il justifie l’absence de sa formation au scrutin du 17 mai. Mais Gabriel Ajavon refuse de se prononcer « publiquement » sur la décision de la Cour africaine des droits de l’Homme ordonnant la suspension des communales suite à une plainte de frère Sébastien. Interview.

gabriel-laurex-ajavon Gabriel Laurex Ajavon, opposant au régime du président Talon

Banouto: La Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, par une ordonnance en date du 17 avril, a ordonné à l’Etat béninois de surseoir à l’organisation des élections communales suite à une plainte de l’opposant Sébastien Ajavon. Comment avez-vous accueilli cette décision ?

Gabriel Laurex Ajavon: Je ne pourrai pas me prononcer sur cette décision parce que c’est suite à la requête de mon jeune frère qu’elle a été rendue. Donc, s’il a quelque chose que j’aurai à dire c’est mon frère que j’en parlerai. Mais sur la place publique, je ne dirai rien. De toutes les façons, je n’irai pas voter si les élections ont lieu puisque j’estime que les dés sont pipés. Et cette élection ne sera pas transparente.

Cette décision n’est-elle pas du pain béni pour vous puisque vous estimez que les élections ne seront pas transparentes ?

Non pas du tout. Mon agenda est différent de celui de mon jeune frère. Donc ça ne fait pas partie de mon agenda.

Vous trouvez quand même que ce n’est pas opportun d’organiser les élections. N’est-ce pas une manière de rejoindre Sébastien Ajavon qui dénonce l’exclusion de son parti des communales ?

Ce que je déplore c’est qu’il y ait une élection pour un parti unique peut-être à cinq têtes.

Vous parlez d’élection à parti unique avec cinq têtes alors qu’on compte la FCBE parmi les formations qualifiées pour le scrutin ?

On n’a pas besoin de loupe pour voir que FCBE est dans un jeu avec la mouvance. J’ai eu à dire que les FCBE avec le président Boni Yayi ne valent pas plus de 10%, mais les FCBE sans Yayi, c’est zéro.

Vous avez choisi délibérément de ne pas prendre part à ces élections ?

Oui mais c’est parce qu’on fait des requêtes qui n’ont pas été prises en compte.

Quelles sont ces requêtes ?

Lors du dialogue politique, nous avons décidé à l’unanimité que le gouvernement allait soutenir les partis politiques légalement enregistrés financièrement parce qu’on ne peut pas vouloir de quelque chose et son contraire. Nous voulons supprimer, l’utilisation de l‘argent de la politique. Mais ce n’est pas en faisant ça que nous allons diminuer le poids de l’argent en politique. Il n’y a même pas un plafond qui est fixé cela veut dire que vous ne serez égaux devant la loi puisque la loi ne fixe aucune limite.

D’autres peuvent dépenser 10 milliards et d’autres ne pourront même dépenser le minimum. Car si on s’en tenait au financement d’un parti politique, ce sont les cotisations les dons et les leurs. Le parti politique étant la chose commune on ne doit sacrifier son patrimoine pour faire de la politique. Si le parti devient votre propriété vous avez le droit de vie et de mort sur vos militants. Le dernier mot vous reviendra et ça ne fait pas évoluer la démocratie dans le pays.