Tchad : de grandes difficultés économiques relevées par le FMI

Olivier Ribouis
publié le Apr 8, 2017

L'économie tchadienne subit de plein fouet les conséquences de deux chocs exogènes selon une mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a séjourné à N'djaména du 22 mars au 04 avril 2017.

Tchad, place de la Nation

Au terme d’une mission d’évaluation de la santé économique du Tchad, une équipe des services du Fonds monétaires international (FMI)  conduite par Saïd Bakhache a rendu un point faisant état de difficultés financières du pays.  « L'activité économique continue d'être fortement affectée par deux chocs exogènes » a relevé le chef de la délégation du FMI dans sa déclaration au terme de la mission qui a eu lieu du 22 mars au 4 avril 2017. Il s’agit selon M. Bakhache, de « la forte et persistante baisse des cours du pétrole et les défis sécuritaires au niveau régional ». Le gouvernement tchadien met en œuvre un programme financier et économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI approuvée en août 2014. Malgré cet effort, les chocs exogènes relevés plombent l’essor économique du Tchad. « Ces chocs, conjugués au fardeau élevé du service de la dette extérieure commerciale, ont entrainé des pressions importantes sur les ressources budgétaires » a noté la mission du FMI. Le pays a considérablement réduit ses dépenses publiques et les investissements. Les compagnies pétrolières fortement touchées par la situation économique ont aussi procédé à des licenciements. Ce qui affecte davantage l’économie tchadienne. « Une forte réduction des dépenses publiques et de l’investissement, ainsi que des licenciements par les compagnies pétrolières, ont eu de graves retombées négatives sur le reste de l'économie » a déclaré M. Bakhache. Il apprend également que « Le PIB hors pétrole s’est contracté de manière significative pour la deuxième année consécutive, et l'inflation a été négative l'année dernière. Le système bancaire est impacté négativement par le ralentissement de l'activité et l'accumulation d’arriérés par le gouvernement envers les entreprises privées, et ne dispose plus de marges de manœuvre pour davantage financer le gouvernement ».  Et pour l’expert du FMI, « Il est nécessaire de rapidement mettre en place une stratégie globale de stabilisation et de réformes bénéficiant du soutien des partenaires tant au niveau national qu’international pour relancer l'économie ».