Afrique-Monnaie: Talon décourage les anti-Cfa et rejoint Ouattara

Olivier Ribouis
publié le Apr 17, 2017

Il y a de graves conséquences en vue si on touchait à  la parité du franc Cfa, selon le président béninois Patrice Talon.

Patrice Talon, président de la République du Bénin

Alors que les mobilisations pour une sortie des pays africains du franc Cfa s’accentuent sur le continent africain et particulièrement en Afrique de l’Ouest, Patrice Talon, le président du Bénin met en garde contre de graves conséquences qu’une telle initiative engendrerait si elle aboutissait.  « Si jamais nous décidons (…)de modifier notre parité, de dévaluer le franc Cfa, ça va générer beaucoup de pauvreté, beaucoup de misère dans une situation déjà assez difficile, sans que cela nous apporte quelque chose d’intéressant en matière de compétitivité » a mis en garde le président Talon interrogé dans l’émission « Le débat africain » sur Rfi ce dimanche 16 avril. Selon Patrice Talon, « Le fait que le Cfa soit en parité fixe avec l’euro n’est pas un handicap. Pas du tout ! »à Contrario, a-t-il avancé, 

« La stabilité d’une monnaie par rapport aux devises est un avantage ».

Une position qui rejoint celle de Alassane Ouattara selon qui « le franc Cfa se porte bien ». Pour le Chef e l’Etat béninois,  le débat est ailleurs. « Ce qu’il faut voir, est-ce que le niveau de parité est à notre avantage ? Est-ce que le Cfa n’est pas trop fort ? En maintenant sa stabilité par rapport à cette grande devise qu’est l’euro, est-ce qu’il ne faut pas baisser la  parité ? C’est débat qu’il faut faire » a-t-il dit. Comme Ouattara, il argue que les pays de la zone Ueoma ont assez de devise pour maintenir le Cfa dans ce qu’ils considèrent comme une zone de confort du Cfa. « Nous consommons beaucoup de produits manufacturés, malheureusement encore aujourd’hui et les recettes d’exportations, les devises que nous obtenons avec l’exportation de nos matières premières permettent de couvrir nos besoins en matière d’importation de produits manufacturés. C’est pour cela que nous avons suffisamment de réserves pour que le Cfa reste dans cette dynamique longtemps. Aujourd’hui, nos réserves en devise couvrent plus de cinq mois d’importations alors que le standard recommandé est d’environ trois mois. Donc nous avons suffisamment de marge de manœuvre pour que la balance ne nous pénalise pas » a-t-il expliqué.