Afrique : 04 points forts du Bénin selon une économiste de la Banque mondiale

Olivier Ribouis
publié le Jul 6, 2020

2ème meilleur score d’Afrique dans la dernière évaluation CPIA, le Bénin a fait des progrès dans 04 domaines selon Nathalie Picarelli, économiste à la Banque mondiale interrogée par La Nation.

nathalie-picarelli Nathalie Picarelli, économiste à la Banque mondiale

Ce n’est pas un indice qui est très connu comme le classement Doing Business, mais il a une importance non négligeable dans les relations entre les pays et la Banque mondiale. L’évaluation de la politique et des institutions nationales (Country Policy and Institutional Assessment-CPIA) rendue publique il y a quelques jours indique que le Bénin a enregistré un progrès passant, de de 3.5 en 2019 à 3.6 en 2020.

Interrogée par le quotidien de service public, La Nation, Nathalie Picarelli, économiste à la Banque mondiale a expliqué de quoi retourne ce progrès qui fait du Bénin, le pays détenant le deuxième meilleur score en Afrique.

« L’évaluation CPIA de la Banque mondiale consiste à établir un état des lieux sur les progrès réalisés par les pays, dans le cadre du renforcement de la qualité de leurs politiques et de leurs institutions afin de favoriser une croissance durable et de réduire la pauvreté. L’évaluation se fait tous les ans pour les pays éligibles aux fonds Ida, c’est-à-dire les fonds à conditions concessionnelles pour les pays à faible revenu », a expliqué l’économiste.

Regroupés en 04 catégories, 16 critères représentant les dimensions institutionnelles d’une stratégie efficace de réduction de la pauvreté ont été pris en compte pour l’évaluation établie cette année pour 75 pays dont 39 en Afrique.

Si le Bénin s’est hissé au deuxième rang en Afrique après l’Ouganda, c’est, selon Nathalie Picarelli, parce que le pays « a fait des progrès significatifs dans quatre domaines particuliers. ».  A ce propos comment-t-elle,  « tout d’abord, la gestion économique a été améliorée grâce à la publication de statistiques régulières et complètes sur la gestion de la dette, ainsi qu’à l’introduction de budgets programmatiques, et les progrès soutenus en matière de consolidation fiscale ». Spécifiquement, souligne l’économiste de la Banque mondiale, « dans le domaine de la gestion économique, le Bénin a le deuxième score le plus élevé en Afrique, après l’Ouganda ».

Deuxième point fort du Bénin dans le classement CPIA, le secteur financier. Elle apprend que « le secteur financier a été rendu plus résilient en poursuivant les réformes sur les exigences des normes internationales des accords de Bâle II et de Bâle III ».

De trois, le Bénin a « le meilleur processus de planification du secteur de la santé a permis d’augmenter la note relative au capital humain ».

En quatrième point, elle note que « des progrès ont été réalisés en matière de droits de propriété avec une meilleure transparence du système d’administration foncière, la publication en ligne du cadastre et surtout l’adoption d’un décret facilitant la conversion des permis d’habiter en titres fonciers pouvant être reconnus comme des garanties par le régulateur bancaire (Commission bancaire de l’Uemoa) ». Une réforme qui pour Nathalie Picarelli « devrait également améliorer la rentabilité des banques ».