Diplomatie : le Béninois Eloi Laourou veut diriger l’Organisation mondiale du commerce

Olivier Ribouis
publié le Jun 9, 2020

Parmi les prétendants au poste de Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, il y a le Béninois Eloi Laourou qui connaît bien les arcanes de l’office des Nations Unies.

 

eloi-laourou-organisation-mondiale-du-commerce Eloi Laourou

Un Béninois à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ! Pourquoi pas ? Eloi Laourou, l’ambassadeur du Bénin à Genève ne cache pas son intension d’accéder à cette haute fonction. Le diplomate béninois fort de plus de 30 ans de carrière et président du Conseil du programme de Cadre intégré renforcé (CIR) de l’OMC  a annoncé qu’il voudrait bien prendre la direction de cette importante office des Nations Unies.

Depuis l’annonce de la démission du Brésilien Roberto Azevêdo de la tête de l’OMC avant la fin de son deuxième mandat prévu en 2021, le nom du Béninois figure sur la liste des prétendants au poste.

Le Béninois se porte volontiers à ce poste dans un contexte où plusieurs voix soutiennent qu’il est temps que l’Afrique prenne la tête l’organisation. La ministre kényane Amina Mohamed,  l'Egyptien Hamid Mamdou, le Nigérian Yonov Frederick Agah ont  également manifesté leurs désirs de diriger l’Organisation. Au Nigéria, le Président Buhari a officiellement désigné l’économiste Ngozi Okonjo Iweala pour briguer la direction de l’OMC.

Pour l’Afrique qui aspire à occuper pour la première fois, la direction de l’organisation qui régente le commerce international depuis 25 ans, le Béninois présente un profil intéressant. Co-président du Groupe de Travail «Commerce et Développement» du Groupe des ambassadeurs francophones (GAF) à Genève depuis 2013, ce Docteur en droit international et relations internationales de l’Université de Lyon 3, diplômé de l’Université Libre de Bruxelles et de l’Université d’Abomey-Calavi chapote l’organe d’examen des politiques commerciales à l’OMC. Le choix du Béninois pourrait également élever davantage l’image de la grande organisation dont le Directeur proviendrait d’un pays pauvre d’Afrique en pleine croissance.

Eloi Laourou est surtout optimiste quant à l’avenir de l’Afrique dans le commerce international.

« Ce qu’on remarque malheureusement, c’est que l’Afrique n’est présente sur le commerce mondial qu’à travers les matières premières… Là aussi, il s’agira d’ajouter de la valeur. Vous prenez par exemple, la noix d’acajou qui est un produit important pour nos pays, en termes de contributions au PIB, mais aussi de dérivés qu’on peut en tirer. Nous mangeons la noix d’acajou, nous jetons la pomme et lorsque nous faisons cuire la noix, nous jetons la coque. Or, on peut extraire de cette coque une huile très importante pour l’aéronautique, pour lubrifier les particules. Cette coque est balancée dans la nature. La recherche et l’innovation doivent être encouragées, même dans tous les segments de la société depuis la maternelle jusqu’à l’université », a déclaré le diplomate dans une interview accordée au quotidien béninois l’Evènement précis en avril 2018.