Banque africaine de développement : enquête sur son président Adesina à la demande des Etats-Unis

Olivier Ribouis
publié le Jun 5, 2020

Akinwumi Adesina, le Nigérian à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) fait l’objet d’une enquête ouverte à la demande des Etats-Unis suite à des accusations de prévarication.

akinwumi-adesina-banque-africaine-developpement-bad Akinwumi Adesina, le Président de la Banque africaine de développement (BAD)

Accablé par des accusations de prévarication, le président de la Banque africaine de développement (BAD)  a des enquêteurs à ses trousses. L’institution financière panafricaine a annoncé jeudi 04 juin, qu’une enquête indépendante est ouverte sur les accusations de prévarication contre son président. Akinwumi Adesina, le Nigérian à la tête de la BAD et seul candidat à sa propre succession devra encore se soumettre à des exigences d’une enquête après une première qui l’avait totalement disculpé.

Cette deuxième enquête lancée a été exigée par les Etats-Unis, important actionnaire de la BAD qui a exprimé son insatisfaction des résultats de la première enquête. L’ancien ministre de l’Agriculture du Nigéria qui dirige la BAD est mis en cause par un rapport de « lanceurs d’alerte » selon qui l’accable de « comportement contraire à l'éthique, enrichissement personnel et favoritisme ». Selon Le Point, les lanceurs d’alerte reprochent à Akinwumi Adesina « son favoritisme dans de nombreuses nominations de hauts responsables, en particulier de compatriotes nigérians, d'avoir nommé ou promu des personnes soupçonnées ou reconnues coupables de fraude ou de corruption, ou encore de leur avoir accordé de confortables indemnités de départ sans les sanctionner ».

Le Nigérian de 60 ans dont la réélection se retrouve fragilisée par ces accusations clament son innocence. Pour cette deuxième enquête à son sujet, les Etats-Unis demandent qu’elle soit conduite par « une personne neutre, intègre, de haut calibre, ayant une expérience incontestable et une réputation internationale avérée, dans un délai de deux à quatre semaines maximum, en tenant compte du calendrier électoral » de la banque.