Coronavirus en Afrique: Yayi rejoint Talon et Wadagni sur la solution économique

Ozias Hounguè
publié le Apr 30, 2020

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde Afrique, l’ancien président du Bénin, Boni Yayi a suggéré une mise à disponibilité urgente de nouvelles ressources financières pour soutenir la riposte à la crise du coronavirus en Afrique. Cette proposition rejoint celle du président Patrice Talon et de son ministre des finances, Romuald Wadagni qui estiment que l’annulation de la dette n’est pas la bonne solution pour l’Afrique.

boni yayi Boni Yayi

Les solutions économiques proposées par Boni Yayi sur la riposte du Covid-19 en Afrique sont proches de celles de Patrice Talon et de Romuald Wadagni.

Le ministre des finances et de l’économie, Romuald Wadagni avait, dans une tribune publiée le 23 avril 2020, sur Jeune Afrique affirmé que l’annulation de la dette africaine par le FMI comme le souhaite certains présidents et économistes africains n’est pas la bonne approche en Afrique pour faire face à la crise du coronavirus.

ll avait alors estimé que si la dette africaine était annulée par le FMI, l’accès aux financements futurs serait compromis pour l’Afrique.

« Aider à la mobilisation urgente de liquidité nouvelle en lieu et place des annulations ou moratoires de dette. (…) Une nouvelle allocation en Droits de tirages spéciaux du FMI tant débattue devrait être envisagée. Elle permettrait d’apporter une réponse rapide et efficace aux besoins des pays les plus vulnérables tout en préservant la soutenabilité de leur dette », a suggéré Romuald Wadagni faisant référence à une lettre adressée par le président Patrice Talon au FMI et à la Banque Mondiale.

Une solution économique que l’opposant au régime de Talon et ancien président du Bénin, Boni Yayi rejoint en partie dans sa tribune publiée le mercredi 29 avril 2020 chez Le Monde Afrique.

Après avoir soulevé quelques questionnements sur la dette des pays africains, Boni Yayi a également souhaité une mobilisation urgente des ressources financières de la part du FMI pour appuyer l’Afrique face au COVID-19.

« Je suggère une émission en urgence de droits de tirages spéciaux par le FMI en faveur de l’Afrique, ce qui implique déjà les principaux contributeurs des ressources du FMI. Seule une gestion véritablement solidaire et coordonnée au niveau mondial de cette crise sanitaire peut sauver l’humanité », a proposé l’économiste.

L’ancien président de la Banque Ouest-africaine de développements a précisé qu’au-delà de «la première assistance déjà distribuée à quelques Etats africains, que le FMI émette des droits de tirage spéciaux [DTS, l’actif de réserve international du Fonds], à hauteur de 114 milliards d’euros qui correspondent aux besoins du continent africain ».

« Nous ne sommes plus à l’étape des promesses. Il faut arrêter l’hécatombe à laquelle nous assistons tous les jours et relancer les activités économiques », a lancé Boni Yayi.