Violences faites aux femmes béninoises : Super Hangbé amène la musique contre le mal

Olivier Ribouis
publié le Dec 31, 2019

Super Hangbé, une association musicale que dirige la chanteuse béninoise Hermine Akpan alias Somissou Hams  va en combat contre les violences faites aux femmes à travers un projet dénommé « Women wake up for your rights ».

somissou-hams La chanteuse Hermine Akpan, présidente de Super Hangbe

Au Bénin, « 69% des femmes ont déclaré avoir subi au moins une fois des violences dans leurs vies » selon une récente étude du Ministère des affaires sociales et de la famille.  Avec ce taux élevé de femmes violentées au Bénin, la chanteuse Hermine Akpan et son association, "Super Hangbé" veulent agir pour changer la donne.  Leur arme contre le mal est la musique.

Lundi 30 décembre 2019, face à la presse, la présidente de, "Super Hangbé" a annoncé le projet « Women wake up for your rights », une initiative qui dit-elle, « vise à  lutter contre toutes les formes de violence à l’endroit des femmes et à leur donner les outils pour mieux défendre leurs droits ». Au Bénin a pu constater la chanteuse selon l’étude du Ministère des affaires sociales et de la famille dont elle a connaissance, les violences sont de diverses formes.   Des 69% de femmes violentées, « plus de la moitié (51,5%) ont subi au moins une fois dans leurs vies des souffrances physiques ou morales ». Dans ce lot, indique la présidente de Super Hangbé, « on peut citer les violences  verbales (72,8%), les menaces de divorce (32,8%), le refus de manger (30,9%), les injures publiques (22,6%), les violences sexuelles (28,5%), le viol des filles de 2-14 ans (1,4%), le rapt (8,5%).

 « Toucher  les cœurs »

L’association Super Hangbé emprunte son nom à l’orchestre qui accompagne Hermine Akpan sur scène. Elle et ses musiciens veulent donc aller au front contre les violences faites aux femmes par le moyen de ce qu’ils savent faire le mieux. « Pour réduire ces disparités, nous avons voulu adopter une forme particulière de sensibilisation à travers les chansons et la musique ». Plusieurs chansons ont été à cet effet composés. Elles abordent les préoccupations liées à la thématique.  Loin de vouloir opposer les femmes aux hommes, Super Hangbé espère « toucher  les cœurs et montrer l’importance de respecter les droits des femmes ».  La chanteuse Hermine Akpan dit avoir la ferme conviction que « la musique est un instrument important de règlement de conflit, de promotion des valeurs de paix, de liberté, et d’amour, mais aussi, un outil de sensibilisation adéquat », surtout pour les contrées reculées au Bénin.

Le projet consistera à l’organisation de concerts, de séances de sensibilisation et de formation à l’endroit de jeunes musiciens qui ont rédigé  les meilleurs textes de chanson sur les questions des droits des femmes. Les concerts qui donneront lieu à des séances de sensibilisation auront lieu dans huit grandes villes béninoises à savoir Parakou, Kandi, Natitingou, Djougou, Lokossa, Bohicon, Porto-Novo et Cotonou. Quant aux jeunes compositeurs en herbe, ils seront formés sur les techniques vocales et la composition de mélodies. C’est dire qu’il y aura une pépite pour entretenir la flamme qu’allume Super Hangbé pour disperser les ténèbres des violences faites aux femmes.