Bénin : un prêtre sanctionné pour «concubinage avec une femme» à Natitingou

Olivier Ribouis
publié le Oct 22, 2018

A Natitingou, dans la partie septentrionale du Bénin, un  prêtre catholique vivant en concubinage avec une femme et deux enfants a été interdit de service par décret de suspense a divinis signé de l’évêque Antoine Sabi Bio.

pretre-eglise-catholique Un prêtre catholique en pleine messe

L’Abbé Patrice Megninou n’est plus prêtre de l’église catholique romaine du Bénin. Précédemment en service à Natitingou, il a été déchargé par les autorités diocésaines.  C’est à travers un « Décret de suspense divinis » en date du 11 octobre 2018 qu’il a démis de ses fonctions de prêtre.

« Nous,   Mgr Antoine  SABI  BIO,  par  la grâce de Dieu et l'autorité du  Siege Apostolique, évêque de Natitingou ;

Vu que l'Abbé  Patrice Megninou, prêtre du diocèse de Natitingou, née le 09 octobre 1967 à Natitingou et ordonné le 27 novembre 1999, vit en concubinage notoire, avec une femme, avec qui il a deux enfants, en violation des dispositions du canon 277 §§ 1  et 2, s'exposant de ce fait aux peines prévues au canon 1395  §  1 ;

Déclarons l'Abbé  Patrice Megninou frappé  de suspense  a divinis », lit-on dans sur le décret dont Banouto a reçu copie.

Le prélat sanctionné est « désormais interdit  d'exercer tout pouvoir d'ordre  (célébration de  l'Eucharistie,  administration  des  sacrements et  sacramentaux)  restant  sauves  les dispositions du canon 976 », précise le décret signé de Mgr Antoine  SABI  BIO.

Explication du prêtre déchu

Le décret de suspense  a divinis n’aurait pas été pris à l’insu du prêtre qui peut désormais bien se consacrer à sa vie de couple.  Selon des informations obtenues de source proche, il l’a voulu ainsi. 

« Vous avez reçu un décret de suspens me concernant. Je voudrais porter à votre attention que c'est une démarche personnelle qui a conduit à la prise de ce décret. J'ai demandé par écrit au Saint-Père de me décharger de mes obligations sacerdotales pour les raisons mentionnées dans le décret. Je l'ai fait librement et en toute lucidité. Pour que ma demande aboutisse, il faut ce décret de la part de l'évêque. C'est donc une sanction que j'accueille avec foi et sérénité », a expliqué l’Abbé à ses compères selon nos sources.

Il s’excuse et « demande pardon à chacun pour les perturbations et les conséquences douloureuses » de sa décision.