Bouquinerie : le Bénin sous la «suprématie du citoyen Patrice Talon»

Olivier Ribouis
publié le Oct 15, 2018

En nette baisse de popularité comme son prédécesseur, le Président Patrice Talon subit le revers de « la suprématie du citoyen » qu’il est selon une analyse de l’essayiste Comlan Cyr Davodoun dans son essai « Constitution béninoise du 11 décembre 1990 : Révision avortée, que comprendre ? ».

livre-cyr-davodoun Le livre « Constitution béninoise du 11 décembre 1990 : Révision avortée, que comprendre ? »

Il y a toujours une explication à avoir dans un livre. Ce n’est que pure vérité qui doit nous rapprocher davantage de ces mines d’or en papier. Trêve de bavardage !

La « suprématie du  citoyen Patrice Talon ». De quoi s’agit-il ? C’est un élément de réponse de l’essayiste Comlan Cyr Davodoun qui permet de comprendre un tant soit peu, l’intrigue politique autour de la révision manquée de la Constitution initiée en début de mandat par le Président Patrice Talon au Bénin.

En effet, dans son essai « Constitution béninoise du 11 décembre 1990 : Révision avortée, que comprendre ? » paru aux Editions Ruisseaux d’Afrique en juillet 2017 et présenté au public cotonois cette année, l’auteur met l’accent sur un des traits caractéristiques du peuple béninois qui ne joue pas en faveur de l’actuel Chef de l’Etat. «L’un des plus marquants (traits caractéristiques, Ndlr), est qu’il se range toujours du côté du plus faible contre le plus fort. Le peuple béninois est un supporter naturel de David contre Goliath », écrit Cyr Davodoun à la page 75 du livre.  Sur le terrain politique, a-t-il précisé, le Président de la République est Goliath « s’il se retrouve en conflit avec un citoyen ».

Aujourd’hui en disgrâce, « le citoyen Patrice Talon a bénéficié de cette faveur des Béninois dans le conflit qui l’opposait au Président Boni Yayi » rappelle l’auteur avant d’ajouter : « Il perd à présent cet avantage dans sa position actuelle de Chef de l’Etat ». Pour l’essayiste «  c’est l’une des raisons qui explique sa décote » depuis l’affaire Sébastien Ajavon.

L’analyse assez pertinente de Cyr Davodoun relève d’autres éléments qui permettent de mieux apprécier ce qui se joue dans l’arène politique depuis avril 2016.  A la lecture de ce passage de l’œuvre, on découvre qu’il y a une organisation dont le dessein est d’infliger un échec à Patrice Talon. Pour cause, l’auteur rappelle entre ses lignes que l’actuel Chef de l’Etat « avant de se retrouver patron de la Marina (…), est l’une des plus grandes fortunes du Bénin et d’Afrique de l’Ouest ». 

Détenteur à la fois du pouvoir politique et du pouvoir financier, Patrice Talon qui se targue lui-même du résonnant surnom de « compétiteur-né » est donc une cible parfaite à abattre pour ses adversaires. « Pour ses adversaires, Patrice Talon est un homme d’affaires redouté et un homme politique craint auquel faudra faire connaître le goût amer de l’échec afin qu’il devienne un Béninois normal », indique l’essayiste qui conclut : « C’est aussi un test, une épreuve de vie pour mesurer sa capacité à digérer l’échec et à pouvoir rebondir ».

Dans, « Constitution béninoise du 11 décembre 1990 : Révision avortée, que comprendre ? », l’ouvrage objet de ce numéro de Bouquinerie, l’essayiste a partagé plusieurs autres éléments de réflexion qu’il conviendrait de lire pour savoir.