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Covid-19 et développement économique: et si l’Afrique choisissait la croissance pro-pauvre ?

Nestor Odjoumani (CiAAF)
publié le Jun 14, 2020

Le monde entier fait face à la crise du Covid-19 depuis novembre 2019. L’Afrique a enregistré son premier cas en février 2020 et depuis, le continent subit cette crise de plein-fouet. Du fait de cette situation, les pays supportent plusieurs chocs externes – notamment épidémiologique et économique – qui s’accentuent mutuellement, occasionnant des effets adverses sur les secteurs vitaux et économiques des pays.

Une réflexion sur le coronavirus et le développement économique de l'Afrique

Dans la plupart des Etats africains, les systèmes de santé sont mis à rude épreuve spécialement par le manque de personnel médical, les systèmes éducatifs sont à l’arrêt en raison de l’inexistence de dispositifs éducatifs à distance.

De plus, des millions de personnes entrent en chômage en raison de la précarité de leurs activités et du taux élevé de l’informel – environ 80% des emplois non agricoles sont exécutés dans les secteurs d’activités non enregistrés – . L’informel contribue en effet à environ 55% du Produit Intérieur Brut (PIB) cumulé de l’Afrique subsaharienne. Le choc économique pourrait avoir beaucoup plus d’impact que le choc sanitaire.

Il est important que les pays africains envisagent un modèle de développement pro-pauvre en raison et en fonction de leur vulnérabilité structurelle, afin de se protéger contre de pareilles circonstances à l’avenir.

Les chocs liés à la pandémie du Covid-19 suscitent plusieurs interrogations. Le choc épidémiologique est relatif à la propagation du virus dont la disparité est évidente entre les pays. Bien que l’interrogation des spécialistes et responsables sanitaires soit focalisée sur la comparaison des tendances de contamination entre le continent et l’occident, les inquiétudes face aux dispositifs et politiques sanitaires montent mais les avis sont divergents quant aux conséquences de la pandémie.

D’un côté, certains tablent sur des conséquences dramatiquement plus élevées que nulle part ailleurs en raison de la vétusté des équipements sanitaires, de la quasi-absence de politiques préventives, de l’accès limité aux traitements et/ou encore de la faible confiance des populations aux consignes des autorités sanitaires et gouvernementales.

En Afrique subsaharienne, le nombre de médecins pour 10.000 habitants est par exemple de 11 pour le Rwanda ou de 15 pour l’Ouganda contre 71 et 181 respectivement pour l’Autriche et la Norvège en 2017. Le taux d’accès aux soins de santé de base...Cliquez ici pour lire la suite.