Covid-19 au Bénin: explications du gouvernement sur la non réouverture des lieux de prière

Yao Hervé Kingbêwé
publié le May 11, 2020

Le directeur de la communication de la présidence de la République a justifié le maintien de la mesure de fermeture des lieux de prière et de cultes au Bénin. C'est lors d'une émission spéciale sur la télévision nationale.

wilfried-leandre-houngbedji Wilfried Léandre Houngbédji, directeur de la communication de la présidence du Bénin

Fermés depuis plusieurs semaines en raison du coronavirus, mosquées, églises et couvents le demeureront jusqu’à nouvel ordre au Bénin. Le gouvernement béninois, réuni en session ordinaire du Conseil des ministres mercredi 6 mai dernier, a décidé de maintenir la mesure de fermeture des lieux de prière et de culte. Ce maintien alors que l’école rouvre ses portes a suscité l’incompréhension au sein de la population.

Vendredi 8 mai, Wilfried Léandre Houngbédji, directeur de la communication de la présidence de la République, est intervenu sur la télévision nationale pour expliquer la décision du gouvernement. Selon le patron de la communication de la présidence du Bénin, la décision gouvernementale est justifiée par la crainte de création d’un foyer involontaire qui peut générer de nouveaux cas. « Dans le milieu religieux, que vous soyez à l’église, la mosquée, les risques de proximité sont encore plus prononcés qu’à l’école. Mais vraiment beaucoup plus », a fait savoir Wilfried Léandre Houngbédji.

L’autre raison évoquée par le directeur de la communication de la présidence est la difficulté de faire respecter la mesure d’interdiction de regroupement de plus de 50 personnes. « Si on ouvre les églises, les mosquées actuellement et que le prêtre qui dit la messe, l’imam qui dirige la prière, se met à la porte et dit pas plus de 50 personnes dedans. Mais vous avez 200, 500 qui arrivent et rentrent. Pensez-vous que la police irait jusqu’à l’intérieur pour sortir les gens ? Quelle image on donnerait ? », interroge le directeur de la communication de la présidence qui indique que le gouvernement ne veut prendre aucun risque.

Wilfried Léandre Houngbédji, lors de sa sortie médiatique, a expliqué également que Dieu comprendrait que les gens ne se rendent pas à l’église, à la mosquée ou encore dans les couvents en cette période de crise du coronavirus.

« Pour les croyants, ils disent bien que Dieu il est magnanime. Si Dieu il est magnanime, il comprend très bien que celui qui ne vient pas à la mosquée, que celui qui ne vient pas à l’église, que celui qui ne va pas au couvent parce qu’il respecte les mesures prescrites par son gouvernement, celui-là est un bon citoyen, celui-là est un fils de Dieu comme on le dit. Et Dieu lui pardonnerait de ne pas se présenter alors même que les conditions ne sont pas réunies », s’est exprimé le directeur de la communication.