Bénin-Mortelle erreur médicale: le CNHU, hôpital de référence assigné en justice

Yao Hervé Kingbêwé
publié le Aug 21, 2018

Par exploit d’huissier, le Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) de Cotonou a été assigné à comparaître devant le tribunal de première instance de Cotonou. Cette assignation fait suite au décès en janvier 2018 d’une patiente admise au service de cardiologie.

cnhu Le CNHU-HKM sera-t-il condamné dans ce dossier?

Le directeur général du CNHU-HKM doit comparaître devant le tribunal de première instance de Cotonou lundi 27 août prochain. Le premier responsable de l’hôpital de référence du Bénin devra comparaître en même temps que monsieur Martin Houénassi, cardiologue, chef de l’unité de soins, d’enseignement et de recherche en cardiologie (USERC) du CNHU-HKM.

Leur assignation d’avoir à comparaître devant le tribunal est consécutive au décès le 3 janvier 2018 de dame Micrette Ablavi Nouwadjro. Le frère de la défunte soupçonne l’hôpital, principalement le professeur Martin Houénassi d’une « grave erreur » médicale ayant conduit au décès de sa sœur.

Les faits

Selon le récit des faits dans la plainte contre l’hôpital, la défunte patiente avait été admise aux soins intensifs de l’USERC le 4 octobre 2017 après y avoir été référée par une clinique à Porto-Novo où elle avait été conduite en urgence, prise « subitement prise de fatigue et d’essoufflement ». « Le 12 octobre, alors que les parents de la patiente étaient en attente des résultats du scanner, ils apprennent contre toute attente, que celle-ci est admise au bloc opératoire », renseigne-t-on dans la plainte.

Le plaignant indique que la patiente n’est ressortie du bloc opératoire qu’au petit matin du 13 octobre après avoir « subi l’ablation de son utérus et des caillots de sang des artères mal écurés à l’aide de sonde d’aspiration ». « Au lieu de la mettre dans un bain chaud ou à tout le moins dans une salle avec une chaleur suffisante pouvant permettre la liquéfaction des caillots, elle a plutôt été placée dans une salle de réanimation sous forte climatisation », révèle le frère de la victime qui poursuit dans sa plainte  que la «conséquence immédiate de cette grave erreur  commise par les requis notamment le professeur Martin Houénassi a consisté en l’apparition immédiate de ''bleue'' au talon de la patiente.

Une situation qui aurait conduit à une deuxième intervention chirurgicale qui a consisté à l’amputation du pied droit de la victime jusqu’au niveau de la cuisse. Quelques jours après cette intervention, renseigne-t-on dans la plainte, le pied gauche de la patiente a commencé par présenter les mêmes symptômes ayant conduit à l’amputation du membre inférieur droit. Outre cela, la patiente aurait commencé par développer des escarres sur les deux fesses puis sur le ventre.

Rapport médical exigé sans succès

A la suite de ces différentes complications, des instructions avaient été données au professeur Houénassi de produire le rapport médical de la patiente. Chose qui n’a pu être faite après le décès de la patiente.

Les multiples démarches entreprises dans ce sens par le frère de la patiente décédée sont demeurées vaines.  Une mise en demeure de l’hôpital puis une sommation du directeur général n’ont rien changé.  

C’est donc pour avoir copie du dossier médical de sa défunte sœur que le plaignant a saisi la justice.